Changement de régime pour les compagnies minières d'Australie

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Le gouvernement australien veut revoir le système d'imposition des compagnies minières. Annoncée depuis près d'un mois par la presse, la nouvelle a été confirmée cette semaine par le ministre fédéral de l'Économie, Wayne Swan, qui a fixé comme ultimatum, « la prochaine loi de finances de mai prochain ». Encaissé en silenceD'ici à trois mois, le gouvernement veut voir disparaître le système de royalties versées par les compagnies aux différents États australiens et imposer à travers le pays une taxe unique de 40 %, directement perçue par Canberra. L'État fédéral entend généraliser à l'ensemble des minerais extraits d'Australie, la grille d'imposition appliquée avec succès aux hydrocarbures et à l'or depuis le début des années 1990. Un changement de régime qui pourrait rapporter « une bonne dizaine de milliards de dollars supplémentaires au gouvernement », calcule un analyste de Sydney. En 2009, les compagnies minières ont rapporté 35 milliards aux caisses de l'État, soit 21?% des recettes fiscales collectées dans le pays. « Avec la reprise du boom minier confirmée ces dernières semaines, le gouvernement a senti qu'il pouvait demander plus aux compagnies », estime Peter Chilton gérant d'un fonds à Melbourne. Après avoir encaissé en silence, le secteur a mis plusieurs jours avant de réagir, pour mettre en garde le gouvernement « des conséquences néfastes d'une telle décision », par l'intermédiaire du porte-parole du Conseil minier australien. Les titres boursiers ont bien glissé un peu suite à l'annonce de la décision gouvernementale, mais ils se sont vite repris, alors que la crainte d'un gel des investissements avancée par certains observateurs boursiers, ne semble pas avoir lieu d'être. BHP-Billiton et Rio Tinto ont encore investi cette semaine plusieurs milliards de dollars dans le fer du Pilbara et Xstrata en a fait de même sur ses gisements de charbon. « Les besoins de la Chine sont plus urgents pour les compagnies minières, qui pourraient bien devoir accepter ce qu'elles ont toujours combattu depuis vingt ans », reprend Peter Chilton. Olivier Caslin, à Sydney

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