Crises à répétition pour Barack Obama

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Aux soucis déjà nombreux de Barack Obama, il ne manquait plus que la nouvelle dégringolade de l'euro. En deux semaines à peine, le président américain a dû faire face à une longue série de crises internationales et domestiques. Son incapacité à les résoudre pèse sur son image de décideur. Maureen Dowd, opinioniste pourtant très progressiste du « New York Times », a un jugement tranchant : « Jadis, il semblait capable de marcher sur les eaux, maintenant il s'y noie. » S'il ne redresse pas rapidement la situation, il deviendra lui-même un handicap sérieux pour le Parti démocrate aux élections législatives de novembre.Sur le plan international, les événements de Gaza ont été désastreux pour la politique étrangère de Washington. L'Amérique a beaucoup à perdre dans le divorce entre ses deux amis les plus fidèles au Proche-Orient, son allié historique dans la région et un membre de l'Otan comme la Turquie. Préoccupé de ne pas sembler trop « mou » envers le monde musulman (un reproche que la droite lui adresse souvent), le président américain a obtenu le résultat opposé : en évitant de condamner l'agression israélienne contre le navire (soi-disant) humanitaire, il a exaspéré Ankara. Celui-ci se sent lâché par les États-Unis. La Turquie peut recourir à des représailles lourdes de conséquences : actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, le gouvernement turc a le loisir d'entraver les sanctions contre le programme nucléaire de l'Iran. Voilà une autre pièce importante de la politique étrangère américaine qui peut tomber, victime des contradictions de Barack Obama.En Extrême-Orient, le régime belliqueux de Kim Jong-il se moque de toutes les tentatives de dialogue lancées par Washington pour le dissuader de poursuivre ses projets d'armement nucléaire. L'agression nord-coréenne contre un navire militaire de la Corée du Sud a fait remonter la tension dans la péninsule, où 28.000 soldats américains sont toujours cantonnés. Barack Obama n'a toujours pas trouvé la bonne recette, si ce n'est d'espérer dans les bons offices de la Chine. Au Japon, la chute du Premier ministre Hatoyama est la conséquence directe des concessions qu'il avait faites aux États-Unis sur la base militaire d'Okinawa.La santé de l'Eurozone est un nouveau problème majeur. Barack Obama s'inquiète de la remontée trop rapide du dollar qui pénalise deux fois l'industrie américaine : les produits « made in USA » renchérissent, les profits réalisés en Europe par les multinationales américaines se réduisent lorsqu'ils sont rapatriés. Plus grave encore, les politiques d'assainissement fiscal font craindre une rechute de l'Europe dans la récession, avec de lourdes conséquences sur la croissance américaine. Du point de vue de Washington, il est dangereux que l'Allemagne adopte des coupes sombres dans son budget alors qu'elle a des marges pour relancer sa demande interne.Enfin, la marée noire dans le golfe du Mexique - le plus grave désastre écologique que l'Amérique ait jamais connu - continue de polariser l'attention de l'opinion publique américaine. Au début, l'administration a semblé passive, même si la loi impose à la compagnie pétrolière de mobiliser tous les moyens de remédier au désastre. Mais le président du « Yes we can » a été humilié dans un rôle de spectateur impuissant. Il a incarné lors de son élection le retour de l'État et de la politique face aux marchés. Or, l'administration Obama s'est révélée faible, incohérente, voire complice, face aux violations graves répétées du pétrolier BP sur le plan de la sécurité. nChronique Federico Rampini Correspondant à New York, « La Repubblica »

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