L'Allemagne serre la vis de 80 milliards d'euros

 |   |  360  mots
L'Allemagne applique la rigueur sans hausses d'impôts. Malgré les déclarations voici une semaine du ministre fédéral des Finances Wolfgang Schäuble, aucune augmentation de la TVA ni de l'impôt sur le revenu n'a été programmée dans le cadre du plan d'austérité annoncé lundi par le gouvernement allemand. Reste que l'effort budgétaire demeure important : Berlin veut réduire le déficit fédéral de 11,2 milliards d'euros sur le seul exercice 2011. En tout, la baisse des dépenses devrait atteindre 80 milliards d'euros d'ici à 2014, nettement plus que prévu. Premières victimes : les prestations sociales. L'allocation parentale pour garder un nouveau-né pendant un an sera plafonnée à 65 % du revenu net, contre 67 % aujourd'hui. Elle sera supprimée pour les chômeurs de longue durée. Ces derniers devront aussi renoncer à l'aide de l'État pour payer leur cotisation retraite et leurs frais de chauffage. Les fonctionnaires fédéraux se verront refuser la hausse prévue de leur prime de Noël et les départs en retraite pourraient n'être remplacés qu'au compte-goutte afin de supprimer jusqu'à 15.000 postes d'ici à 2014. Le ministère de la Défense, moins touché que prévu, devra étudier la suppression de 40.000 postes. Plusieurs subventions vont disparaître, mais les dépenses liées à l'éducation et à la formation devraient continuer à croître. plan ambitieuxDu côté des recettes, nombre de niches fiscales seront abolies, notamment celles des groupes énergétiques. En tout, 8 à 9 milliards d'euros par an devraient entrer dans les caisses publiques. Enfin, plusieurs secteurs seront mis à contribution : aérien, qui sera soumis à une taxe sur les vols au départ de l'Allemagne, financier, via une possible impôt sur les transactions financières si un accord européen est trouvé, et énergétique, qui devra payer pour le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires. Cette dernière mesure devrait rapporter 2,3 milliards d'euros par an. Ce plan ambitieux fait déjà grincer des dents dans l'opposition, mais Angela Merkel a rappelé que cet « effort unique » était indispensable, car « des finances publiques saines étaient la meilleure prévention contre les crises ».Romaric Godin, à Francfort

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :