L'UMP part à l'assaut des régions PS

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Nicolas Sarkozy a donné la consigne de ne pas parler des régionales, mais, en coulisses, l'UMP prépare activement le scrutin de mars. Objectif : reprendre un maximum de régions à la gauche, qui préside vingt exécutifs sur vingt-deux depuis la vague rose de 2004. « Si on en gagne deux, ce sera un bilan positif, quatre, ce sera très positif, et huit, ce serait un triomphe », analyse un responsable du parti majoritaire. Trois régions ? Basse-Normandie, Pays de la Loire et Champagne-Ardenne ? sont considérées comme presque gagnées. Provence-Alpes-Côte d'Azur est jugée « gagnable ». Hubert Falco, secrétaire d'État à la Défense et aux Anciens Combattants, sera chargé d'y porter le fer contre Michel Vauzelle.Car, s'il considère officiellement que « les Français n'ont pas la tête aux régionales » et « souhaitent que le gouvernement travaille », Nicolas Sarkozy a tout de même fixé la ligne. « Les ministres iront là où on leur dira d'aller », a déclaré le chef de l'État à son retour de vacances, fin août.Pourquoi faire monter les membres du gouvernement en première ligne ? La réponse se trouve dans l'étude sur les régions que le sondeur et conseiller élyséen Pierre Giacometti a réalisée pour la direction de l'UMP. Dominique Paillé, porte-parole adjoint du parti, explique que l'un des principaux enseignements est la faible notoriété des présidents de région. D'où l'idée d'envoyer des ténors à l'assaut des terres socialistes. En les obligeant à quitter le gouvernement s'ils sont élus.Second enseignement : les attentes des Français par rapport à leur exécutif régional concernent surtout le logement, l'environnement et les transports. D'où le choix stratégique fait par Nicolas Sarkozy lors de cette rentrée dominée par le débat sur la taxe carbone : « enfoncer un coin » entre les Verts et le PS, pousser les écologistes à présenter un maximum de listes autonomes et rendre difficiles les alliances et reports de voix du second tour. Jean-François Copé va jusqu'à imaginer des « majorités de projets » entre l'UMP et les écologistes.Affaiblir SégolèneLa région Poitou-Charentes devrait concentrer les attentions de l'UMP. S'il semble difficile de vaincre Ségolène Royal, un affaiblissement de ses positions dans son fief serait considéré comme une demi-victoire par Nicolas Sarkozy. Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports, devrait conduire l'offensive, secondé dans le département de la Vienne par Jean-Pierre Raffarin. Dans ce contexte, le ralliement à l'UMP de Philippe de Villiers et des chasseurs de Frédéric Nihous pourrait également compliquer la tâche de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle de 2007. La direction de la campagne de l'UMP a été confiée à Franck Riester, député de Seine-et-Marne, qui a mené la bataille des européennes. « On ne change pas une équipe qui gagne », a lancé Xavier Bertrand. Mi-novembre, un conseil national validera la liste des chefs de file départementaux, avant la présentation des listes complètes fin janvier, véritable lancement de l'offensive bleue.

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