La BCE s'inquiète de l'appréciation de l'euro

Pour la première fois depuis 2000, la Banque centrale européenne se fait ouvertement du souci pour l'euro. À l'époque, il était tombé à son plancher historique face au dollar pour ne plus valoir que 0,8230. Aujourd'hui, c'est sa reprise, qui s'est récemment accélérée face au billet vert, qui pose problème. Car elle menace le fragile redémarrage économique de la zone euro qui s'effectue dans le désordre, de façon asymétrique, alors que les seize de la zone avaient plongé dans la récession avec un bel ensemble. Il est tout à fait improbable que, cette fois, la BCE intervienne sur le marché des changes pour tenter d'affaiblir la monnaie unique, comme elle l'avait fait à la fin du siècle dernier pour le soutenir. Il faudrait pour cela que les mouvements de change deviennent plus désordonnés et que le dollar se rapproche précipitamment du record de faiblesse atteint le 15 juillet 2008, à 1,6038 pour 1 euro, alors que son point bas récent se situait juste au-dessus de 1,48. Mais elle intervient verbalement.D'Istanbul, où se déroulait la réunion du G7 le week-end dernier, quatre jours avant la réunion du conseil de la BCE aujourd'hui, Jean-Claude Trichet avait lancé : « La nécessité de rééquilibrer l'économie mondiale ne veut pas du tout dire que le dollar doive se déprécier par rapport à l'euro. » les états-unis pris au motEt d'inciter les responsables américains à réitérer leur credo ? le dollar fort est dans l'intérêt des États-Unis ?, que le secrétaire au Trésor, Tim Geithner, a repris à son compte la semaine dernière sous la pression européenne. Et que les agressions chinoises à répétition contre le dollar vont sans nul doute renforcer, tant il y va des intérêts stratégiques des États-Unis dans le monde. Si l'Europe est aujourd'hui aussi préoccupée, c'est parce que le dollar, qui a cédé 15 % de sa valeur par rapport à son point haut de l'année atteint en mars, n'est pas la seule monnaie à dériver face à l'euro. La Chine, dont le yuan est à nouveau délibérément arrimé au dollar depuis la mi-2008, après une appréciation de plus du quart de sa valeur au cours des trois années précédentes, chute dans les mêmes proportions. Et surtout, la Grande-Bretagne, partenaire commercial crucial de la zone euro, laisse à nouveau filer sa livre, qui menace de retomber vers la parité avec l'euro déjà frôlée en décembre dernier.Résultat : l'indice pondéré de la BCE montre que l'euro s'est apprécié de 8 % par rapport au panier des monnaies des principaux partenaires commerciaux de la zone euro depuis la fin du printemps, avec une singulière accélération au cours du mois écoulé. Un trop-plein qui a fait sortir la BCE de sa traditionnelle réserve sur les taux de change.

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