Les hôpitaux militaires appelés à une profonde réforme

A l'heure des économies budgétaires généralisées, est-il possible pour un service de l'Etat d'échapper à la rigueur ? La cour des comptes en a trouvé au moins un, c'est le service de santé des armées, à propos duquel elle a rendu public jeudi un « rapport d'alerte », selon les termes de son premier président, Didier Migaud. La santé des armées représente un budget non négligeable (1,3 milliard d'euros), dont la productivité laisse à désirer. Notamment, s'agissant des hôpitaux militaires, au nombre de 9.« Hors norme », c'est le terme employé par les magistrats pour qualifier le déficit de ces hôpitaux militaires, qui, à 281 millions d'euros, représente 53 % des recettes encaissées.Car ces hôpitaux encaissent des recettes, puisque leur activité relève en fait, essentiellement, du civil. Il s'agit surtout de traiter les maladies classiques des fonctionnaires de la Défense, de leurs ayants droit, et de patients purement civils. Contrairement à ce que pourrait laisser penser la vocation militaire des hôpitaux des armées, 73 % des malades y séjournant n'ont strictement rien à voir avec la Défense. Et, au total, 95 % des soins pratiqués n'ont pas de rapport avec la chose militaire : il n'existe pas de spécificité réelle des hôpitaux des armées.personnels en surnombreLa « clientèle » paie donc ses soins, via l'assurance maladie ou les mutuelles. Mais cela ne suffit pas à assurer l'équilibre, loin de là. Le déficit tient pour une part à l'emploi de personnels administratifs en surnombre, y compris de médecins chargés de tâches administratives. Mais aussi à une productivité insuffisante des médecins. Celle-ci peut être mesurée simplement, par le taux d'occupation des lits, limité à 52 %. Comment y remédier ? La solution, radicale, qu'ont choisie les Britanniques, serait de supprimer ces structures, en intégrant les personnels médicaux militaires au sein des hôpitaux civils. Cela n'empêche en aucun cas nos voisins d'Outre-Manche d'envoyer des médecins et chirurgiens sur les théâtres d'opération, ou de soigner les blessés d'Afghanistan. Une réforme moins lourde consisterait à rapprocher hôpitaux militaires et civils : la Cour des comptes suggère une mutualisation des moyens. Les structures militaires seraient intégrées au sein du système de pilotage des nouvelles Agences régionales de santé. Surtout, il suffirait que ces hôpitaux acceptent déjà les urgences pour augmenter leur activité. Le prestigieux Val-de-Grâce, par exemple, est parfaitement équipé à cette fin.

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