Nicolas Sarkozy veut réformer le système mondial

En matière monétaire, le président français a du pain sur la planche. Si Nicolas Sarkozy veut réussir dans le cadre de sa présidence du G20 à partir du 12 novembre prochain, regroupant les pays industrialisés (États-Unis, Japon, Europe, Canada) et les pays émergents, un accord sur les devises similaire à ceux des années 1980 entre ces pays industrialisés, la tâche s'annonce difficile, si ce n'est herculéenne. Le président français discute depuis plusieurs mois avec Pékin pour convaincre la deuxième puissance économique mondiale d'une coordination monétaire avec les autres poids lourds de l'économie mondiale. Fin août, il a annoncé, à la surprise générale, que « la France compte proposer à ses partenaires d'aborder sans tabou (...) la réforme du système monétaire international », précisant vouloir « commencer par un séminaire entre les meilleurs spécialistes, qui pourrait peut-être se tenir en Chine ». Mais de là à boucler à un accord monétaire global comme celui qui, il y a presque vingt-cinq ans jour pour jour, était intervenu à l'hôtel Plaza de New York pour engager une dépréciation du dollar face au yen et au deutschemark, permettant, en rendant les produits américains moins onéreux sur le marché mondial, aux États-Unis de retrouver la croissance et réduire leur déficit commercial... AmbitieuxBien que très ambitieux sur ce dossier, Paris prend garde cependant à ne pas froisser ses différents partenaires. « Il ne s'agit pas bien sûr de revenir à un système de taux de change fixes », avait précisé Nicolas Sarkozy. Même à Berlin, le principal partenaire de Paris, l'ambitieux agenda du président français sur les taux de change laisse sceptique. « Les idées avancées par le président français sur le sujet ressemblent fort à la création de bandes de fluctuations monétaires entre grandes devises (dollar, yuan, euro, yen) proposées en 1999 par notre ministre des Finances d'alors, Oskar Lafontaine », signale à « La Tribune » une source proche du dossier. « Avec ce genre d'idées, Lafontaine n'a pas tenu longtemps et a fini par démissionner... Notre position est que le taux de change doit être déterminé par les données fondamentales de l'économie. L'industrie allemande a appris à vivre avec les fluctuations de change et les taux de change fixes ne font plus sens », précise ce responsable allemand. Nicolas Sarkozy devra donc aussi gagner à sa cause le deuxième exportateur mondial, son voisin allemand. Frank Paul Webe

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