Entre les régions et l'Élysée, la hache de guerre est déterrée

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Les communiqués ont été publiés en plein congrès de l'Association des régions de France (ARF) : les présidents de la Guyane et de La Réunion ont annoncé vendredi leur décision de quitter l'association. Imitant en cela le président de la région Alsace, l'UMP Philippe Richert, qui avait annoncé son retrait de l'ARF deux jours avant. Plus aucune des trois régions gérées par la droite n'est donc désormais membre de l'ARF, dont l'objet est pourtant de fédérer les 26 régions françaises. Immédiatement, le président de l'ARF Alain Rousset (Aquitaine) a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir « imposé » à La Réunion et à la Guyane de quitter l'ARF. Le gouvernement n'a pas pu répliquer : fait sans précédent, aucun ministre ne s'est déplacé au congrès de Paris, pourtant situé... porte Maillot à Paris. La hache de guerre est déterrée entre le gouvernement et les régions. Le vote imminent (sauf nouveau coup de théâtre) de la réforme territoriale y est sans doute pour beaucoup. Cette réforme, qui remplace les conseillers régionaux et généraux par des conseillers territoriaux, a ulcéré tous les élus locaux de gauche. Des élus qui se sont exprimés via leurs associations pour signifier leur mécontentement. Ainsi Alain Rousset a-t-il encore qualifié vendredi, au nom de l'ARF, la réforme territoriale « d'inutile et dangereuse ». Une situation inconfortable pour les élus régionaux de droite. Commentant son départ de l'ARF, Philippe Richert, a ainsi reproché à l'association de n'être « qu'une amicale d'opposition au gouvernement ». ManoeuvreSi Alain Rousset reconnaît des « mots parfois un peu durs qui ont été prononcés », il suspecte avant tout l'Elysée d'être à la manoeuvre derrière cette crispation. Un avis largement partagé au sein de l'ARF. « Que l'on ne nous reproche pas de faire de la politique quand, depuis 2005, tous les choix sont éminemment politiques et contre les régions », s'irrite le président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy. « Sarkozy rêve depuis toujours de faire la peau des régions socialistes », ajoute un proche de l'ARF. De fait, une machine de guerre anti-ARF a été officiellement installée la semaine dernière : l'objectif de l'Association des élus régionaux de France (AERF), qui regroupe les élus régionaux de droite, est « de rétablir la vérité quand l'ARF dira une contre-vérité », a expliqué lors d'une conférence de presse Valérie Pécresse, chef de l'opposition en Ile-de-France. L'AERF, dont Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, est l'un des fondateurs, a ainsi l'intention de mettre en place « une géolocalisation » des subventions distribuées par les régions, dans l'espoir de démontrer un certain clientélisme en la matière.

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