Trente et une associations lancent un cri d'alarme sur la situation du mal-logement

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Si en France la situation en termes de logement des plus défavorisés est loin d'être aussi dramatique qu'aux Etats-Unis, elle n'en est pas moins préoccupante. Trente et une associations, parmi lesquelles Emmaüs France, la Fondation Abbé Pierre, Les enfants de Don Quichotte et le collectif Les morts de la rue, ont dressé vendredi symboliquement trente et une tentes rouges sur le pont des Arts à Paris pour alerter l'opinion publique et le gouvernement, à l'approche de l'hiver. Alors que le démontage des tentes par la police était en cours, Matignon a prévenu les organisateurs que le Premier ministre François Fillon était prêt à les recevoir en ce début de semaine. « Nous voulons rendre visible un phénomène qu'on voudrait cacher, cette France qui souffre de la misère et que nos responsables politiques ne veulent pas regarder aujourd'hui », a martelé Christophe Robert, le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre. « Il y a 3,5 millions de personnes mal logées en France et 6 millions qui peuvent basculer dans le mal-logement », a-t-il insisté, en rappelant que « les prix des loyers et des logements ont doublé depuis dix ans et que les charges ont flambé ». Non seulement « des personnes vivent dans des caves, des parkings ou des logements insalubres et dangereux, mais la crise du logement s'est élargie aux classes moyennes », a-t-il relevé, ajoutant qu'il n'y a « aucune réponse à la hauteur des enjeux ». Une crise sans précédentsCertains promoteurs immobiliers ont pris la mesure de cette crise du logement, à l'image de Constructa, qui réalise des opérations rentables d'accession sociale à la propriété dans les quartiers pauvres, comme Aulnay-sous-Bois. Certains parlementaires UMP sont conscients du problème. Les commissions des Finances de l'Assemblée nationale et du Sénat ont chacune adopté fin octobre un amendement visant à aménager, voire à supprimer, le prélèvement de 340 millions d'euros par an sur trois ans sur les bailleurs sociaux, prévu dans le cadre du projet de loi de Finances 2010. Les associations en appellent à Nicolas Sarkozy et à François Fillon pour que le « chantier du mal-logement soit remis sur le haut de la pile des priorités », sachant qu'il y a deux ans, François Fillon avait fait du logement des sans-abri et mal-logés un « chantier prioritaire » pour 2008-2012. Sophie Sanchez

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