L'électrochoc de ces enquêtes Pisa a sorti l'Allemagne de l'ornière

Les deux premières études PISA avaient fait l'effet d'un électrochoc en Allemagne. Les résultats des élèves allemands étaient alors dans tous les domaines inférieurs à la moyenne. Le pays se réveillait d'un doux rêve, celui de l'excellence de son système scolaire, ou plutôt de ses systèmes scolaires, puisque l'éducation est une prérogative des seize Länder. Cette prise de conscience aura été salutaire. Ce mardi, le représentant de l'OCDE à Berlin, Heino von Meyer, s'est félicité que l'Allemagne ait « quitté la seconde division pour rejoindre la première, même si elle est encore loin de la ligue des champions ». Les résultats des élèves allemands se sont en effet nettement améliorés par rapport à 2000, particulièrement en mathématiques et en sciences, et le pays est désormais partout au-dessus de la moyenne de l'OCDE. Il est vrai que, en dix ans, l'éducation est devenu un champ de réformes, de réflexions et d'investissements. Le système traditionnel d'une école où l'on entre tardivement, pas avant 6 ans, où l'on ne reste que la matinée et où l'on est tôt orienté dans des filières hiérarchisées a été remis en cause. La durée de la journée de travail a été souvent rallongée, la scolarisation avant 6 ans développée, notamment à l'Ouest, tandis que plusieurs Länder fusionnaient les deux « voies de garage », Realschule et Hauptschule, pour réduire l'écart avec le Gymnasium, la voie d'excellence. Parallèlement, les programmes ont été revus et le soutien aux élèves issus de l'immigration développé. Enfin, la formation des professeurs a été revue, le problème des remplacements pris à bras le corps. ModestiePour autant, on se défiait ce mardi outre-Rhin de tout triomphalisme. « Nous sommes plus proches du but, mais nous n'y sommes pas encore », a résumé la ministre fédérale de l'Enseignement, Annette Schavan. Malgré ses progrès, l'école allemande reproduit encore beaucoup les inégalités sociales, pénalise toujours les enfants issus de l'immigration et 18,5 % des jeunes de 15 ans ont encore des difficultés à lire. Berlin n'entend donc pas baisser la garde. Annette Schavan a proposé un nouveau plan pour améliorer la lecture et soutenir les élèves fragiles. Romaric Godin, à Francfort

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