Obama cède aux républicains sur les baisses d'impôts en faveur des plus fortunés

Première étape d'une cohabitation acrobatique avec les républicains, grands vainqueurs des élections du 2 novembre dernier, le président américain Barack Obama a dû se résoudre à une concession fiscale. Lundi soir, au terme d'un débat houleux qui a émaillé l'actualité ces dernières semaines, il a donc finalement cédé, acceptant la prolongation, pour deux ans, des avantages fiscaux accordés sous l'ère Bush, lesquels devaient normalement arriver à terme fin décembre. La mine lasse, il s'est dit « déçu et en total désaccord avec l'opposition » sur ce sujet, lors d'une intervention télévisée. Car tout au long de la campagne électorale, il l'avait martelé : il ne pouvait souscrire à un tel cadeau fiscal destiné aux « milliardaires », ces 2 % de la population les plus riches, quand « les classes moyennes se battent, elles, pour garder leur emploi, leur maison, leur voiture... » C'est donc une victoire idéologique pour les conservateurs qui ont tout mis en oeuvre pour que les ménages gagnant plus de 250.000 dollars par an continuent de bénéficier de ces déductions. « C'est la première fois qu'il ose défier sa base et c'est un petit pas dans la bonne direction », a commenté Frank J. Donatelli, le président de Gopac, un institut de recherche républicain. Reculade mal perçueReste que cette reculade a été mal perçue chez les démocrates, certains alant même jusqu'à la qualifier de « trahison ». Mais Obama la justifie par son souhait d'éviter à la classe moyenne « de devenir une victime collatérale d'un conflit politique à Washington ». En échange, et de nature à apaiser - un peu - le camp démocrate, il a obtenu la prolongation pour 13 mois des allocations chômage, lesquelles passeront de 26 à 99 semaines. Faute du feu vert des républicains, opposés à une mesure qui, selon eux, coûterait 12,5 milliards de dollars, le versement de ces indemnités avait été interrompu fin novembre. Depuis le 1er décembre, quelque 800.000 chômeurs se sont ainsi retrouvés sans aucune allocation chômage. Et ils auraient pu être 2 millions d'ici la fin de cette année. « Une tragédie pour les familles », s'est insurgé Barack Obama, qui s'est dit « soulagé », hier, de l'éviter. Dans un contexte de déficit budgétaire galopant, toutes ces mesures devraient coûter 700 milliards de dollars sur deux ans. De quoi un peu plus affaiblir politiquement le président américain, dont la marge de manoeuvre s'annonce décidément bien réduite.Sixtine Léon-Dufour

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