La rigueur sonne le glas de l'État providence

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Il y a un peu plus de deux ans, les États volaient au secours des banques, menacées de sombrer dans un cocktail détonant de défauts hypothécaires et de produits financiers ultrasophistiqués. Cette stratégie s'accompagnait de la volonté de « moraliser » les activités financières et de magnifier le rôle de l'État, en particulier comme régulateur. La notion de « gouvernance économique » revenait régulièrement à l'ordre du jour des sommets du G20. À cela s'ajoutaient des plans de relance pharaoniques : l'État intervenait largement dans l'économie et subvenait aux besoins des citoyens, via une politique de transferts sociaux. Il fallait bien soutenir la croissance. Keynes revenait en force. Hayek passait aux oubliettes.Aujourd'hui, changement de décor. Ironie de la situation, ce sont les marchés financiers, en particulier en Europe, qui poussent les États à la vertu et au repli vers un « small government ». Depuis le début de la crise grecque, chaque pays du Vieux Continent - exception faite de la France (lire ci-dessous) - a annoncé un plan d'austérité inédit, afin d'alléger le fardeau d'une dette publique qui a explosé non seulement du fait des plans de relance mais aussi en raison d'une chute des rentrées fiscales et d'une gestion publique antérieure parfois laxiste - sans doute due à des taux d'intérêt historiquement bas. Selon Eurostat, la moyenne du déficit, dans l'ensemble de l'Union européenne, est passée de 1,5 % du PIB en 2006 à 6,8 % en 2009. Et la dette de 61,5 % en 2006 à 74 %. Entre hausse des dépenses et faiblesse de la croissance, ces chiffres ont explosé en 2010.Place à la « communauté »Et voici donc qu'à l'image de David Cameron, on parle d'un concept de « big society », qui viendrait remplacer ce « big government » trop onéreux et peu efficace. À la mi-juillet, le Premier ministre britannique exposait avec passion son grand dessein : que les organismes privés puissent gérer des bureaux de poste, des bibliothèques, des transports « publics », des HLM... Une façon de redonner à l'État son rôle premier : définir les règles de la création de richesses plutôt que de la créer lui-même. Si l'idée de « communauté », très prégnante aux État-Unis, est plus difficilement adaptable à l'Europe continentale, il n'en reste pas moins que les États, devenus plus rigoureux, devront « éduquer » leurs citoyens. Les efforts - réduction du montant des retraites, moindres remboursements des soins de santé ou encore baisse de l'effectif des fonctionnaires - devront être faits « en commun ».

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