L'inégalité hommes-femmes touche aussi les carrières du numérique

Blogueuses à succès, créatrices de sites Internet réputés ... Les femmes semblent s'être fait une place au soleil du numérique. À tel point que les nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) pourraient apparaître comme un facteur de réduction de l'inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Mais ce n'est pas le cas, à en juger par le colloque organisé mardi par le géant américain des logiciels Microsoft. « En France, les femmes ne représentent que 20 % des personnes travaillant dans le numérique », regrette Valérie Dagand, présidente du réseau professionnel Cyberelles. Et de souligner que les femmes qui occupent un poste dans les NTIC le quittent en moyenne au bout de quinze ans, soit deux fois plus vite que les hommes. Mais également que leurs salaires sont inférieurs de 11 % à ceux de leurs collègues masculins. Et les femmes ne représentent que 9 % des cadres dirigeants du secteur numérique. Plus encore que dans d'autres domaines d'activité, la disponibilité moindre - réelle ou supposée - des femmes est en partie à l'origine de ces écarts, selon plusieurs intervenantes du colloque, qui reconnaissent que les métiers du numérique exigent une implication particulièrement forte, ainsi qu'une mobilité géographique et fonctionnelle importante, difficilement compatible avec une vie de maman. Mais si les effectifs des NTIC comptent peu de femmes, c'est également parce qu'en raison du vieux cliché selon lequel les hommes seraient plus aptes aux carrières scientifiques. « Peu de jeunes filles s'orientent vers le numérique », affirme Isabelle Juppé, auteure du livre « La femme digitale ». Et pour celles qui osent se lancer dans les NTIC, «nombre d'entre elles travaillent dans le juridique, la communication et autres fonctions «support» mais pas dans le coeur de métier du numérique », constate Valérie Dagand. Nouveaux métiersPour autant, même si le cas d'une Yseulys Costes, fondatrice du site 1000.mercis.com, fort d'un chiffre d'affaires de 28 millions d'euros, demeure rare, les femmes ne doivent pas oublier que le numérique fait émerger de nouveaux métiers, comme celui de « community manager », dans lesquels « il n'existe pas (encore) de plafond de verre, qui ne réclament pas d'avoir fait telle école réputée, etc. », souligne Natacha Quester-Séméon, directrice générale de l'agence digitale I-Marginal. Christine Lejoux

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