Pour réduire la dette, il faut un ministre des Finances d'expérience

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Les économistes ne cessent de se pencher sur les causes de l\'endettement public et, partant, de celles de l\'actuelle crise de la zone euro. L\'aspect comportemental de la question n\'a pas échappé à cette recherche. Certains chercheurs ont pu voir ainsi dans la question religieuse une donnée fondamentale de la création de la dette. Mais une étude publiée ce mardi de l\'institut ZEW de Mannheim, en Allemagne, creuse le sujet sous un angle original: celui de la personnalité du ministre des Finances.Personnage-cléSelon cette étude de 40 pages, la question de l\'influence de la personnalité des ministres des Finances sur la dette nationale n\'avait encore jamais été creusée. Pourtant, signale l\'auteur de l\'étude, Marc-Daniel Moessinger, «le ministre des Finances est l\'homme qui, dans le gouvernement a le plus fort intérêt à des finances publiques saines et a une vue globale sur le budget.» Il a donc une influence importante sur l\'évolution de la dette publique.CritèresPour tenter de quantifier cette influence, l\'auteur a utilisé des données concernant les ministres des Finances de 15 pays européens de 1980 à 2010. Il a distingué trois critères principaux de la «personnalité» du ministre des Finances: l\'expérience, le niveau d\'éducation et la position politique (de «droite» ou de «gauche»). Les calculs qu\'il effectue tendent à montrer que les deux derniers critères n\'influent pas ou peu sur la dette publique.Ni droite, ni gaucheUn ministre de gauche n\'est donc pas intrinsèquement plus «dépensier» qu\'un ministre de droite, les chiffres de l\'étude tendraient même à donner un effet positif «très marginal» sur la dette publique au ministre de gauche. De même, un ministre ayant une formation économique ne réduit pas plus la dette publique qu\'un ministre ayant réalisé des études de droit ou d\'autres études. C\'est donc là quelques préjugés qui tombent.Effets de l\'expérienceEn revanche, l\'étude croit pouvoir affirmer que l\'expérience joue un rôle déterminant. Plus le ministre avance dans son mandat, plus il réduit la dette. De même, une expérience ministérielle préalable assure le même effet. Concrètement, Marc-Daniel Moessinger évalue à 0,26 point de pourcentage la baisse du ratio dette sur PIB par année de mandat ministériel. Et chaque année d\'expérience ministérielle conduit à un recul de 0,21 point de ce même ratio.Autrement dit, si la Grèce veut accélérer son désendettement, elle devrait nommer un ministre d\'expérience... Avec au moins 300 ans d\'expérience pour espérer pouvoir rapidement revenir dans les critères fixés par la troïka.  

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