La Turquie redore son blason auprès des investisseurs

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La Turquie est décidément dans les petits papiers des investisseurs, et des agences de notation. Moody's vient en effet de reconnaître la résistance avec laquelle le pays a su faire face à la crise financière, en améliorant d'un cran sa note ( Ba3 à Ba2). L'agence a également fait passer sa perspective de « positive » à « stable ». Cette décision n'intervient que quelques semaines après celle de Fitch, en décembre, de pousser de deux crans plus haut (BB+) la note de ce même pays. « Les agences de notation sont à la traîne selon nous », estime un économiste chez Finansinvest, « le coût de couverture contre le risque de faillite (CDS) se traite sur ce pays à un niveau inférieur à celui de pays mieux notés comme la Roumanie et la Hongrie ». « Bien que la croissance turque se soit contractée fortement ? encore plus fortement que lors de la crise financière de 2001 ? la ?résilience? des finances publiques du pays est notable », avance Sarah Carlson, analyste chez Moody's. La capacité du pays à emprunter à des taux extrêmement bas, les plus bas depuis 2004, et l'intérêt qu'il sucite auprès des opérateurs de marché pèsent aussi dans la balance. Cette semaine, par exemple, les investisseurs ont répondu plus que présents lors de la souscription à l'emprunt obligataire de 2 milliards de dollars lancé par le pays. L'émission dont l'échéance est fixée à 30 ans a été sursouscrite près de quatre fois. Les obligations ont été vendues avec un rendement annuel de 6,85 %, et une prime de 225 points de base par rapport au 30 ans américain. « Le succès de cette opération démontre, selon Edward Parker, responsable chez Fitch de l'Europe émergente, le fort potentiel d'accès au capital » de ce pays. La Turquie a d'ailleurs prévu d'accroître son programme de placement cette l'année, de 3,75 milliards à 5,6 milliards de dollars. Autant dire qu'avec cette dernière émission, « le pays a réalisé une part substancielle de son objectif », ajoute l'expert de Fitch. Enfin, autre facteur positif pour le pays : Ankara s'est rapproché du FMI avec lequel elle pourrait être en mesure de signer un accord portant sur un prêt allant de 10 à 30 milliards de dollars. Une perspective bien perçue par les investisseurs, même si, le pays n'a pas inclu cette aide dans son budget 2010. M. B.

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