L'État ne va guère profiter de la hausse des prix
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Avec des prix alimentaires et de l'essence qui ne cessent de s'envoler, l'inflation est de retour. Christine Lagarde s'en inquiète et, pour le montrer, se rend ce matin dans une station-service de la région parisienne... D'autres soupçonnent « une nouvelle cagnotte » pour l'État. En théorie, une hausse des prix supérieure à la prévision du gouvernement, soit 1,5 % en 2011, pourrait être une aubaine pour les caisses de l'État dont on ne cesse de répéter qu'elles sont vides. Une hausse des prix se traduit mécaniquement par une augmentation des bases taxables, ceci étant particulièrement vrai pour la TVA. Suivant ce schéma, les rentrées 2011 de TVA pourraient donc être supérieures aux 130,6 milliards d'euros inscrits dans le budget. Mais de la théorie à la pratique, il y a un fossé immense. Pour que ce scénario se réalise, il faudrait que le choc inflationniste provienne d'une demande forte, et non comme actuellement d'un problème d'offre, autrement dit d'un renchérissement des coûts de production.Jeu de vases communicantsEn fait, l'impact d'une inflation plus forte que prévu risque d'être défavorable aux finances publiques. Ainsi, pour la TVA, tout dépend du comportement des consommateurs. Si, pour amortir la valse des étiquettes, les Français réduisent leurs dépenses, alors l'effet volume - orienté à la baisse - viendra compenser l'effet prix - à la hausse. Ce jeu de vases communicants est illustré avec la question de l'envolée des prix à la pompe. Les carburants supportent à la fois la TVA (assise sur les prix) et la TIPP (assise sur les volumes). Une très forte hausse du prix de l'essence se traduit toujours par une chute de la consommation qui annihile l'effet positif des rentrées de TVA. En 2008, la commission Durieux avait conclu à une perte de ressources fiscales pour l'État - de l'ordre de 360 millions d'euros - après la flambée du prix du pétrole de 2007.Enfin, l'inflation est une mauvaise nouvelle pour l'État pour deux autres raisons. Du point de vue du coût de sa dette d'abord : une partie des emprunts de l'État est indexée sur les prix. Et du point de vue des crédits des ministères ensuite. Établis en fonction de l'inflation prévue, ces budgets se retrouvent soumis à de fortes pressions, leurs charges évoluant plus fortement que la prévision.
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