Accor, une aventure extraordinaire !

 |   |  607  mots
Après avoir passé trente ans dans l'hôtellerie, je n'ai pas eu d'hésitation quand Jacques Stern, directeur général délégué en charge des services et des finances chez Accor, m'a proposé de le suivre pour prendre en charge la communication de la nouvelle structure Accor Services. Ces nouvelles fonctions représentent une étape importante dans ma vie d'entreprise. Il va falloir trouver le nom de la nouvelle société, une identité visuelle et l'introduire en Bourse. Il va falloir la doter de fonctions dirigeantes. Les défis sont majeurs. Je fonce dedans avec beaucoup de plaisir et d'enthousiasme. Accor Services est présent dans 40 pays. Il faut faire comprendre notre business model et son potentiel de croissance. Pour déterminer les valeurs de l'entreprise, il est indispensable de savoir d'où l'on vient et qui l'on veut être. Une marque, on lui fait incarner ce que l'on vit. Nous voulons donner une image humaine, de chaleur, de proximité. J'ai envie de beaucoup d'empathie et de générosité avec les gens. Il ne faut pas que cela soit de la bonne conscience. J'ai toujours dit et pensé qu'il n'est véritablement de politique de responsabilité sociale - qui me passionne - que si elle est intégrée totalement à la stratégie du groupe, et portée par le président. Nous diffusons la politique sociale des pouvoirs publics par le biais des tickets restaurants ou du ticket Cesu, qui induisent des réductions fiscales. Les entreprises sont nos clients. Nous sommes proches des restaurateurs. On est vraiment dans du contact, de l'humain. La scission de la communication financière du groupe Accor est un énorme travail. On détricote trente ans de vie commune, en l'espace de moins d'un an. C'est un vrai challenge. C'est colossal. On va être dans le Guinness des records. J'ai vécu la création d'Accor en 1983, issu de la fusion de Jacques Borel, dont je gérais la trésorerie, avec Novotel. Des années passionnantes. Je m'occupais des financements internationaux du groupe au moment de sa formidable expansion. Lors de l'OPA sur la chaîne Motel 6, aux Etats-Unis, je me suis retrouvée, le 15 août 1990, dans une salle seule face aux avocats américains. C'était juste après le déclenchement de la guerre en Irak et le « credit crunch ». Des périodes de folie, où l'opération aurait pu ne pas se faire. Mais tout s'est bien passé. J'ai adoré. Michel Baillon, alors directeur financier du groupe, m'a proposé le poste de directeur de la communication financière. J'ai dit oui sans savoir où j'allais. Avec Paul Dubrule et Gérard Pélisson, nous sommes alllés voir les investisseurs et les marchés financiers à Londres, Francfort, Genève, Zurich, New York. C'était le début de la mise en place de la communication financière, formatée et visible, aux marchés financiers. Accor était une société pionnière en la matière. J'ai eu la chance de travailler avec ces deux grands bonshommes. J'ai eu la liberté d'action. J'essaie de reproduire ce modèle : laisser la bride sur le cou aux collaborateurs, laisser essayer, même si on se casse la figure !MINI BIOGRAPHIEActuellement directeur des relations investisseurs et de la communication financière du groupe Accor, Eliane Rouyer-Chevalier a été nommée directeur général en charge de la communication de la nouvelle société Accor Services et membre du comité exécutif. Elle est présidente du Cliff (association française des Investor Relations) depuis 2004 et présidente de l'Observatoire de la communication financière.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :