L'économie détruit encore des emplois aux États-Unis
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Pour le deuxième mois consécutif, l'économie américaine a détruit des emplois. Quelque 131.000 en juillet, après un total (revu à la hausse) de 221.000 perdus en juin. Ajoutées à un taux de croissance en recul (2,4 % au deuxième trimestre contre 3,7 % au premier) et à une baisse continue de la confiance des ménages, ces données sur l'emploi confirment ce que l'on soupçonnait déjà : la reprise économique, fragile, s'est essouflée outre-Atlantique et pourrait refluer un peu plus encore sur la deuxième moitié de l'année. Certes, le gros des destructions d'emplois en juillet est dû à la fin prochaine du recencement de la population. Quelque 143.000 personnes, frappant aux portes pour compter les Américains ou analysant les données ont été remerciées le mois dernier. Au-delà de ce phénomène ponctuel, il en est un autre qui inquiète autrement plus les experts. C'est le fait que le secteur privé n'a créé que 71.000 postes en juillet (après n'en avoir finalement ouvert que 31.000 en juin), alors que les experts tablaient sur 90.000. Le taux de chômage est stable à 9,5 %. Que se passe-t-il donc ? Pourquoi les chefs d'entreprises, en particulier de petites sociétés, réputées créer plus d'emplois, proportionnellement, que les multinationales, rechignent-ils à embaucher ? « Parce que les incertitudes sont trop grandes », répond Ryan Sweet, économiste spécialisé sur l'emploi chez Moody's-Economy.com, près de Philadelphie. Incertitudes sur la force de la reprise, d'abord, qui permettra ou non à la confiance de revenir et aux consommateurs d'acheter. Mais aussi, « incertitudes sur l'impact qu'auront sur leur bilan les réformes de l'assurance-maladie et de la finance », explique cet économiste. Réforme santé : vrai casse-têteParticulièrement pour une petite entreprise, les 2.000 pages de la réforme de la santé, instaurant, selon certaines conditions, l'obligation pour l'employeur d'offrir une assurance santé à chacun de ses employés, est un casse-tête. « Les règles semblent si difficiles à interpréter qu'il vaut mieux, à leurs yeux, ne pas se risquer à embaucher », conclut Ryan Sweet. « D'autant qu'aujourd'hui, les entreprises cherchent avant tout à engranger des profits », relève pour sa part Neal Soss, chef économiste au Credit Suisse, à New York. Mieux vaut, pour atteindre ce but, délocaliser, afin de profiter d'un coût de main-d'oeuvre compétitif, ou bien investir dans de nouveaux équipements ou des logiciels, de manière à améliorer la productivité des salariés existants. Autant dire qu'embaucher du personnel supplémentaire, à un coût majoré par une assurance santé, qui plus est, n'est pas la priorité des entrepreneurs... Dès lors, un cercle vicieux risque de se refermer sur l'économie américaine. Déjà, la confiance des ménages recule depuis trois mois. Craignant de perdre leur emploi ou faute d'en retrouver un facilement en cas de chômage, les consommateurs renouent actuellement avec un taux d'épargne élevé (6,4 % en juin, contre 1 % à 2 % avant la crise). Dans ces conditions, la croissance risque de s'essoufler un peu plus à l'avenir. « Les créations d'emplois ne repartiront franchement qu'en 2011 », pronostique Ryan Sweet.
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