Londres inflexible sur le budget européen

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La France et le Royaume-Uni se dirigent vers un affrontement sur le futur budget européen. Alors que François Baroin, le ministre du Budget, se rend ce jeudi à Londres, il fait face à une fin de non-recevoir du côté britannique de toucher au fameux rabais dont bénéficie ce pays depuis les années 1980.George Osborne, le chancelier de l'Échiquier, n'a laissé aucune ambiguïté mardi lors d'un déplacement à Bruxelles, prévenant que le reste de l'Union Européenne « perdait son temps » s'il elle demandait à Londres de renoncer au rabais. « Nous n'allons certainement pas céder sur ce sujet. »Les négociations pour le budget européen de 2014 à 2020 vont débuter au printemps prochain. Mais les couteaux commencent déjà à s'aiguiser. Janusz Lewandowski, le commissaire européen au Budget, a lancé une bombe en début de semaine, estimant que le rabais avait « perdu sa justification ».FermetéSi le gouvernement britannique précédent avait fait une petite ouverture, laissant entendre que des négociations étaient possibles en échange d'une profonde réforme de la politique agricole commune (PAC), l'actuelle administration de David Cameron, très eurosceptique, refuse de faire le moindre geste. Elle a d'ailleurs pris soin d'intégrer un paragraphe sur le sujet dans l'accord de coalition signé avec les libéraux-démocrates en mai. « Nous défendrons fortement les intérêts britanniques dans les négociations à venir sur le budget européen », soulignait le texte.Le plan de rigueur budgétaire passé par la Grande-Bretagne en juin rend d'autant moins probable une concession. Le rabais s'élève à 3,1 milliards de livres (3,8 milliards d'euros) cette année, et à 26 milliards de livres (31 milliards d'euros) entre 2007 et 2013, selon les chiffres du Trésor britannique. « Il n'y a presque pas de marge de manoeuvre, que ce soit pour des raisons budgétaires internes, ou pour des raisons politiques, le gouvernement voulant utiliser le budget pour rassurer les eurosceptiques », estime Brendan Donnelly, spécialiste de l'Europe au Federal Trust. Denis MacShane, député travailliste et ancien ministre de l'Europe ajoute que « Tony Blair a déjà fait d'importantes concessions en 2005 », en échange d'une réforme limitée de la PAC. Suite à ce geste de l'ancien Premier ministre britannique, la contribution nette du Royaume-Uni à l'Union Européenne va passer de 3 milliards de livres actuellement à 10 milliards de livres en 2015, selon les prévisions du Trésor britannique.Selon Denis MacShane, la seule possibilité d'un vrai changement serait que la France accepte une profonde réforme de la PAC. Mais Nicolas Sarkozy a déjà prévenu que cela provoquerait une « crise » en Europe. « Dans ces conditions, je ne pense pas que les négociations déboucheront sur autre chose que le statu-quo », estime Brendan Donnelly.

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