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LivreL'énergie négative de la peurPire que le déclassement : la peur du déclassement. Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Éric Maurin rappelle dans un ouvrage sur le sujet que, si le licenciement est bien un drame il ne touche que 300.000 personnes par an, soit à peine 1 % de la société française. La majorité restant à l'abri de la déchéance sociale. Pour autant, cette peur hante la plupart de nos concitoyens. « Chacun commence sa vie avec la crainte de ne jamais trouver sa place et la finit avec l'angoisse de voir les protections chèrement acquises partir en fumée ou ne pas pouvoir être transmises à ses enfants », souligne l'auteur. Pourquoi ? Dans notre société où la dignité sociale est historiquement attachée à la conquête et à la conservation d'un statut, qui doit se reconquérir de haute lutte à chaque génération, chacun craint de le voir disparaître. Voilà qui explique l'angoisse scolaire et la survalorisation des diplômes. Mais aussi les mouvements sociaux qui ne sont rien d'autres que les cris de détresse face à ce qui est perçu comme des remises en cause de statut social. Le danger ? Que ces postures de défense nourrissent les idéologies antilibérales. Seule voie possible : réduire le fossé en permettant de rendre moins définitif ce qui s'acquiert et ce qui se perd.Sophie Péters« La Peur du déclassement », d'Éric Maurin, éditions du Seuil, 93 pages, 10,50 euros.
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