La BCE ne programme pas de hausse des taux à horizon visible

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olitique monétaireC'est à Venise que se déroulait le second des deux conseils annuels décentralisés de la Banque centrale européenne (BCE), où elle a annoncé le maintien de son taux directeur à son plancher historique de 1 %. Rien d'étonnant dans le contexte actuel de grande fermeté de l'euro, sur lequel Jean-Claude Trichet a néanmoins refusé, comme à l'accoutumée, de s'exprimer. Il s'est contenté de rappeler l'importance de l'engagement des États-Unis à l'égard d'un dollar fort et les risques inhérents à la trop forte volatilité des taux de change. Et de répondre, moqueur, à une question : « Nous n'avons jamais fait campagne pour encourager le rôle international de l'euro », après le débat lancé en début de semaine sur l'abandon de la facturation du pétrole en dollars.Lors de sa conférence de presse, Trichet a rappelé, comme le mois dernier, que la route vers la sortie de crise était « cahoteuse », le niveau des incertitudes restant « extrêmement élev頻 et que l'heure de la mise en ?uvre de stratégies de sortie de crise n'avait pas encore sonné pour la BCE. Le message macroéconomique, assez voisin de celui délivré en septembre, bien que sur un ton moins ténébreux, dépeint, avec la plus grande prudence, une reprise progressive de l'économie et des pressions inflationnistes contenues. liquidités à profusionDans ces conditions, « le niveau de nos taux et notre politique monétaire sont appropriés », a répété à plusieurs reprises le président, laissant anticiper une période prolongée de statu quo monétaire et la poursuite de la politique d'injections de liquidités massives pour mettre de l'huile dans les rouages d'un marché monétaire où, même si le pire est passé, de nombreux blocages subsistent. Aucun économiste ne s'aventurerait, en l'état de la situation décrite par Jean-Claude Trichet, à avancer un calendrier pour la première inflexion du cycle des taux, la plupart estimant que le statu quo prévaudra au moins jusqu'à l'automne 2010, voire tout au long du prochain millésime. Sur le marché monétaire, plutôt que d'avoir à dénouer directement ses mesures non conventionnelles, la BCE ferait « le pari que les établissements financiers cesseront d'utiliser le bilan de la Banque centrale comme un succédané du marché interbancaire dès que son fonctionnement se rapprochera de la normale », analysent les économistes d'Aurel BGC, Jean-Louis Mourier et Christian Parisot. Elle pourrait alors progressivement réduire le débit du robinet de ses apports lors de ses opérations de refinancement et cesser de rémunérer les réserves excédentaires des banques, expliquent-ils. « La combinaison de ces deux mesures rendrait au principal taux directeur ? le taux de refinancement ? son rôle de pivot des évolutions de taux sur le marché monétaire, alors qu'il en est devenu le plafond. » Ce ne serait qu'à ce moment-là que la BCE pourrait recommencer à agir sur ses taux.

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