Berlusconi menacé par le retour des procès pour corruption

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Italie« Vive l'Italie ! Vive Berlusconi ! » : le président du Conseil italien n'avait rien perdu de sa superbe mercredi soir, en réagissant à la décision de la Cour constitutionnelle annulant la loi qui le mettait à l'abri de poursuites judiciaires tant qu'il est au pouvoir. Le coup n'en est pas moins rude pour l'un des hommes les plus controversés de la vie politique italienne. Il a beau considérer ce nouvel épisode comme faisant partie d'un « complot de la gauche », venant d'ailleurs couronner une autre décision funeste pour lui : l'amende, samedi dernier, de 750 millions d'euros que sa société, Fininvest, devra payer à son ennemi juré, Carlo De Benedetti, dans une affaire de corruption ? il doit maintenant mesurer les conséquences de la levée de son immunité.La première, c'est qu'il pourrait devoir comparaître dans le cadre de trois procès. Ce sera notamment le cas avec celui en appel de l'avocat britannique David Mills, jugé coupable d'avoir empoché plus de 400.000 euros en échange de mensonges visant à protéger Berlusconi lors de procès ? pour corruption, déjà ? dans les années 1990, et qui vient de s'ouvrir. Selon la presse italienne, Berlusconi pourrait même être appelé dès aujourd'hui à la barre.Cela pourrait également être le cas pour d'autres affaires, de fraudes fiscales dans le cadre d'achat de droits de transmission pour son holding médias, Mediaset, ou encore dans une procédure centrée sur des allégations de pots-de-vin, qui auraient été versés par Berlusconi à des parlementaires pour les inciter à rejoindre sa coalition de centre droit.popularité en baisseSi certains estiment que le procès Mills pourrait se perdre dans les sables, il n'en reste pas moins que toutes ces affaires, même si ce sont ses avocats qui seront en première ligne, le mobiliseront, au détriment de la gestion quotidienne, dans un pays miné par la crise économique. Impossible, évidemment, de savoir si Berlusconi poursuivra, comme il l'a juré, son mandat jusqu'à son terme, en 2013. Mais il semble peu probable, selon les experts cités par la presse italienne d'hier, qu'il démissionne et organise de nouvelles élections. À moins qu'il n'estime avoir l'avantage politique suffisant pour les remporter. Certes, son taux de popularité, à 63 % l'an dernier, a baissé à la rentrée en raison des histoires de m?urs dans lesquelles il a été empêtré tout l'été. Mais il est encore, selon les sondages effectués avant la décision de la cour, au niveau élevé de 47 %. Et surtout, sa coalition maintient son avance sur l'opposition. L. J. B.

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