L'austérité s'impose en Europe, au grand dam des syndicats

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Mais que faut-il pour mettre les Britanniques dans la rue ? Le gouvernement vient pourtant de présenter le pire budget d'austérité depuis la Seconde Guerre mondiale, qui comprend la suppression des allocations familiales des familles aisées, le gel des salaires des fonctionnaires et l'allongement de l'âge de la retraite à 66 ans... Mais personne, ou presque, ne manifeste.Le jour de l'annonce du budget, 3.000 personnes étaient dans la rue. Ce week-end, la BBC a bien fait grève, mais c'est pour des raisons très indirectement liées à l'austérité. Le métro, l'un des derniers bastions syndicalistes du pays, mène aussi des débrayages récurrents depuis deux mois, mais cela reste limité. Quant au Trade Union Congress (TUC), la principale confédération syndicale, elle prépare une grande manifestation... pour mars.Cette apparente apathie syndicale s'explique simplement : l'austérité est pour l'instant populaire. « Les Britanniques ne dansent pas de joie, mais ils pensent que c'est inévitable, explique Peter Kellner, qui dirige l'institut de sondage YouGov. Les conservateurs ont réussi à faire passer l'idée que la situation actuelle est de la faute des travaillistes. » À cela s'ajoute le traumatisme de la fin des années 1970, quand d'énormes grèves ont immobilisé le pays. Cela a mené au gouvernement de Margaret Thatcher et aux lois très dures contre la grève. Celles-ci imposent deux conditions avant tout débrayage : l'organisation d'un vote à bulletins secrets des syndicalistes, avec préavis de huit jours ; l'interdiction des grèves pour des raisons politiques. Une grève générale serait donc difficilement légale. Résultat de cet héritage historique : l'action syndicale a très mauvaise presse. « Les médias sont très hostiles aux grèves », explique Brendan Barber, le secrétaire général du TUC.Aucun appel à la grève généraleC'est pour ces raisons qu'il n'a pas lancé de grandes actions jusqu'à présent. Mais il espère que l'opinion publique va changer quand les coupes budgétaires se concrétiseront l'année prochaine. « Nous cherchons à obtenir le plus grand soutien populaire possible, explique Brendan Barber. Je ne veux pas que nos adversaires puisse nous caricaturer comme des ennemis du bien public. » Il entend donc progressivement monter en puissance, au fur et à mesure du mécontentement.Il précise cependant qu'il n'a de toute façon pas l'intention de lancer un appel à une grève générale. Seules des manifestations, probablement pendant des week-end, seront organisées. Le gouvernement de David Cameron est assuré de la paix sociale pour encore un bon moment.

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