Une relation franco-allemande « unique »

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Ce n'est qu'à partir d'aujourd'hui, à la faveur de l'ouverture anticipée des archives diplomatiques françaises de 1989, que les historiens sauront exactement quel était l'état d'esprit du Quai d'Orsay et de l'Élysée à cette époque. Mais si certains hommes politiques, à droite ou à gauche, cherchent, les uns à faire passer l'idée que François Mitterrand n'était pas préparé à la réunification de l'Allemagne ou même la redoutait, les autres à défendre l'héritage des relations franco-allemandes, deux diplomates français, en poste à l'Est à l'époque, se veulent au-dessus des querelles partisanes. « L'affaire était passablement compliquée, compte tenu de la façon dont le chancelier Helmut Kohl voulait la gérer », explique l'un. De fait, de la fameuse ligne de Oder-Neisse, marquant les frontières orientales du territoire jusqu'au processus qui enclenchera la réunification, nombre d'éléments étaient flous à l'époque. « Mitterrand était président en exercice de l'Union européenne et à ce titre portait la responsabilité de maintenir les grands équilibres en Europe », relève l'autre. Ce qui l'aurait ainsi incité à accélérer l'approfondissement de l'Union, en particulier avec l'avènement de la monnaie unique. Une stratégie acceptée par le chancelier allemand.relations sous tensionToujours est-il qu'il aurait été logique qu'une génération de diplomates français, qui avaient, comme François Mitterrand, vécu la guerre, s'inquiète d'une Allemagne décomplexée vis-à-vis de son passé nazi ? la Nuit de cristal a également eu lieu un 9 novembre? ? si l'on effaçait la cicatrice symbolique du Mur. Sans oublier une inquiétude vis-à-vis du poids, économique et politique, d'une Allemagne réunifiée, « rapetissant » logiquement la France. « Les deux pays peuvent avoir des intérêts divergents, admet effectivement l'un des deux diplomates en poste à l'époque, mais leur relation est unique. » Unique certes, mais pas toujours sereine. Si l'on se souvient de l'image forte du mano a mano Kohl-Mitterrand, ou encore du couple formé par Chirac et Schröder, les relations entre Angela Merkel et le président Sarkozy ont connu, elles, des tensions. « La relation franco-allemande ne semble pas être une priorité actuellement, regrette d'ailleurs un diplomate », pour conclure : « Vingt ans après la réunification, l'initiative de l'Élysée sur une Union pour la Méditerranée est une réponse à ces événements. La France souhaite un hinterland sur son flanc sud, au même titre que l'Allemagne à son arrière-cour à l'est »? Lysiane J. Baudu

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