DSK confronte Bruxelles à son « défaut de gestion » de la crise

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Cantonné au tout départ de la crise budgétaire européenne à un rôle purement « d'assistance technique » puis de soutien financier, comme lors du sauvetage de la Grèce, le Fonds monétaire international (FMI) a clairement acquis aujourd'hui une dimension politique. Le patron du FMI Dominique Strauss Kahn a exprimé mardi à Athènes « l'espoir que les institutions européennes soient capables de fournir » une « solution globale » qui ne soit pas appliquée « pays par pays ». Ces propos sont intervenus alors que les ministres des Finances de la zone euro ont finalement renoncé lors de l'écofin de lundi et mardi, malgré les recommandations de Dominique Strauss-Kahn, à augmenter la dotation du Fonds de stabilité européen, actuellement fixée à 750 milliards d'euros et dont un tiers provient de l'institution basée à Washington. Une décision largement due à la raideur allemande. Dans les milieux bruxellois, l'appel du patron du FMI à « quelque chose de plus dynamique » pour résoudre le problème de la dette dans la zone euro est jugé conforme aux ambitions européennes. La semaine dernière, le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, plaidait pour une « réponse systémique » à la crise économique. Mais le fonds de stabilité n'aurait, à ce stade, pas besoin de rallonge. Vu de Bruxelles, loin d'être bénéfique, une augmentation du plafond aurait même pu être interprétée par les marchés comme un signe de fébrilité. La Grèce a déjà mobilisé 110 milliards et l'Irlande 85 milliards. Une aide au Portugal serait du même ordre de grandeur et une aide à l'Espagne serait 2 à 3 fois supérieure, selon des sources européennes. On cherche donc à se convaincre que le fonds actuel de 750 milliards pourrait suffire, alors que certains observateurs vont jusqu'à évoquer la nécessité de le doubler. Fédéralisme budgétairePourtant, la crise a mis en lumière un « défaut de gestion » au sein de la zone euro, selon selon Dominique Strauss-Kahn. « C'est une prise de conscience de la part de DSK que l'Europe n'est pas allée assez loin dans le fédéralisme budgétaire », explique l'eurodéputé socialiste Liem Huang Ngoc, « il faut les instruments appropriés comme la création d'une agence de la dette avec l'émission d'eurobonds. » Certains membres de l'Eurogroupe ont repoussé cette idée de créer des obligations d'État communes défendue par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker. « Si on fait au cas par cas et qu'on joue à chaque fois aux pompiers, les marchés s'en délectent », poursuit Liem Hoang Ngoc. « Il faut réagir plus systématiquement, donner des ressources aux Etats qui en ont besoin grâce à un financement communautaire. »

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