Pourquoi ArcelorMittal donne leur indépendance à ses inox

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Le conseil d'administration d'ArcelorMittal a donné sans surprise son feu vert mardi soir au projet de scission de son activité inox, dévoilé fin juillet. La séparation, « qui devrait maximiser la valeur pour les actionnaires », sera effectuée au premier trimestre 2011. Les actionnaires d'ArcelorMittal recevront une action de la nouvelle société pour ving actions du groupe. Les titres seront cotés à Paris, Amsterdam et Luxembourg. Cette scission permettra de créer une entité plus agile. « Le métier de l'inox (6,4 % du chiffre d'affaires d'ArcelorMittal en 2009) n'a ni synergies industrielles ni commerciales avec celui de l'acier au carbone », souligne un expert du secteur. Avant l'OPA de Mittal, Arcelor, dont provient l'ensemble des actifs inox du groupe ArcelorMittal, avait déjà mené une réflexion sur le devenir de cette division. Au sein du groupe actuel, les investissements que requiert l'inox peuvent souffrir d'une priorité donnée aux aciers au carbone. « Indépendant et coté en Bourse, le segment inox serait capable de financer sa croissance », soulignait encore le groupe dans un document fourni aux employés lors d'un récent comité européen. Un marché de nicheL'inox est un marché de niche, ne représentant que 2 % du volume de celui de l'acier, mais un peu plus en valeur. Les actifs brésiliens d'ArcelorMittal dans l'inox constituent la pépite de la division, avec une part de marché considérable et une très belle rentabilité. En Europe, le marché pâtit en revanche d'importantes surcapacités. Celles-ci ont conduit les quatre acteurs du continent - les deux ?pure-players? Acerinox (Espagne) et Outokumpu (Finlande), Thyssenkrupp et ArcelorMittal - à chercher à se rapprocher, sans succès. « La taille d'ArcelorMittal par rapport à un allié potentiel a pu peser », soulignait le document. Détachée d'ArcelorMittal, sa division inox sera plus maniable mais aussi plus mariable. « L'apparition d'un troisième acteur coté de taille équivalente à Acerinox et Outokumpu va inévitablement relancer les spéculations sur la consolidation en Europe », souligne Aurélien Bonneviot, analyste chez Oddo. Devant les syndicats, ArcelorMittal a assuré que « le projet de spin-off n'aurait, en tant que tel, pas d'impact sur les sites et les hommes ». Dans le cas d'un rapprochement ultérieur, le sujet pourrait en revanche s'imposer. « Avec un européen, il y aurait besoin de faire un peu de charcuterie », observe ce spécialiste.

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