Le spectre de la crise des années 1970 plane sur Londres

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Royaume-UniIl souffle un vent des années 1970 sur la Grande-Bretagne ces jours-ci. Vendredi, les 1.700 employés de l'aciérie du groupe Corus à Teesside, dans le nord de l'Angleterre, apprenaient la fermeture du site. Le même jour, le très libéral Peter Mandelson, ministre de l'Industrie, faisait des déclarations fleurant bon le nationalisme économique pour défendre Cadbury. Dimanche enfin, Alistair Darling, le chancelier de l'Échiquier, tenait des propos très durs contre les bonus des banques et les riches. Une telle succession d'événements était inimaginable outre-Manche voilà seulement deux ans, tant la révolution thatchérienne était ancrée dans les esprits. Mais la Grande-Bretagne doute désormais de son modèle économique.C'est dans ce contexte que ce mercredi, Alistair Darling présente le « prébudget » de l'État pour l'année 2010-2011 (année fiscale d'avril à mars). Les conditions sont particulièrement difficiles. La Grande-Bretagne est le dernier pays du G20 encore en récession. Au troisième trimestre, le PIB a encore reculé de 0,3 %, alors que les États-Unis et la zone euro étaient en croissance.Dans le même temps, le déficit britannique atteint des niveaux abyssaux, dépassant 12 % du PIB cette année. Le pire est que le plan de relance a été relativement limité. Le trou budgétaire vient avant tout d'une brusque chute des recettes fiscales venant de l'immobilier et de la City.« C'est la pire des situations, souligne Howard Archer, économiste à Global Insight. Resserrer la politique fiscale trop fortement risque de faire dérailler la reprise. La resserrer trop lentement risque de pousser les agences de notation à retirer la note AAA du Royaume-Uni. »mesures symboliquesÀ six mois d'une élection générale, Alistair Darling va éviter des mesures de rigueur. Mais il ne prolongera pas la baisse de la TVA de 17,5 % à 15 %, en place depuis l'an dernier, et qui doit prendre fin au 1er janvier 2010. De plus, quelques mesures symboliques de taxation des bonus et/ou des banques doivent aussi être annoncées. Enfin, les salaires des hauts-fonctionnaires sont dans le collimateur. Mais la véritable rigueur sera réservée au prochain gouvernement, quel que soit le vainqueur des élections?Si l'État n'a plus d'argent, les ménages non plus. Malgré un Noël qui s'annonce meilleur que l'an dernier (voir ci-dessous à gauche), leur surendettement rend difficile une relance par la consommation. Du coup, le maître mot est le nécessaire « rééquilibrage » de l'économie britannique, pour trouver de nouveaux moteurs de croissance. n

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