Le compromis budgétaire de Barack Obama fait bondir les taux américains

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Les obligations d'État américaines ont poursuivi mercredi leur net recul entamé la veille dans le sillage du compromis budgétaire annoncé par le président Obama. Évoluant en sens inverse des prix, le taux des obligations à 10 ans grimpait en fin de journée de 16 points de base à 3,29 %, un niveau qui n'avait pas été observé depuis le 22 juin dernier et supérieur de 35 points à celui de mardi matin. Très violent, le mouvement a d'une part été nourri par les bénéfices économiques du plan anticipés par les opérateurs, qui ont donc délaissé les actifs refuge. En échange de la reconduction des réductions d'impôts accordées en 2001 et 2003 par le président Bush, Barack Obama a négocié une réduction des taxes sur les salaires servant à financer la protection sociale ainsi que le renouvellement pour 13 mois des allocations chômage longue durée.Si les Bourses semblaient hésitantes quant à l'efficacité des mesures, l'évolution du marché obligataire a en revanche été très franche, conduisant à une hausse des rendements continue sur toutes les maturités. « On a eu plusieurs baisses d'impôts depuis la présidence Bush qui ont limité le plongeon de l'économie sans réussir à la relancer durablement. Certes, l'extension des allocations est une mesure très bénéfique, mais le rééquilibrage des finances publiques semble ajourné », explique Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM. Selon les économistes d'Aurel BGC, le plan stabilisera l'an prochain le déficit budgétaire « entre 9,5 % et 10 % du PIB, contre 8 % à 8,5 % anticipé précédemment ». Et d'ajouter que « le plan se traduit, au total, par un creusement supplémentaire du déficit public sur 10 ans de près de 1.000 milliards de dollars ».Alors que les émissions de dette américaines vont atteindre plus de 2.200 milliards cette année, contre 922 milliards en 2008, le maintien d'un déficit élevé incite les investisseurs à exiger des rendements plus élevés, à l'image du placement à 3 ans réalisé ce mardi. Inquiétude sur la perspectiveConjuguée à la mollesse de la reprise, la présence de la Fed sur le marché via la relance de son programme de rachats de titres d'État - près de 174 milliards de dollars depuis la mi-août - limite néanmoins le potentiel de hausse des taux. Se voulant rassurante, l'agence Fitch a néanmoins noté mardi que les États-Unis doivent désormais définir un programme de consolidation budgétaire à moyen terme pour être en phase avec leur note « AAA ». « Nous avons des inquiétudes concernant la perspective de long terme [de la notation des États-Unis], et ces derniers ne s'y sont pas encore attaqués », a de son côté déclaré l'analyste en chef de Moody's pour les Etats-Unis, Steven Hess.

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