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35 heures : pourquoi le patronat ne veut pas y toucher

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Publié le 09 janvier 2011 à 22:21 - Mis à jour le 09 janvier 2011 à 22:21

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Depuis la très médiatique déclaration de Manuel Valls sur les 35 heures, les syndicats avaient fait savoir leur vive opposition à toute nouvelle remise en cause. Mais ils n'ont pas été les seuls à pousser un « ouf » de soulagement lorsque le chef de l'Etat a, jeudi lors des voeux aux partenaires sociaux, laissé entendre qu'il ne reviendrait pas sur la durée légale du travail en dépit des pressions exercées par une partie des dirigeants de l'UMP. Les organisations patronales ont, en effet, elles aussi, salué le maintien du statu quo. Laurence Parisot a, certes, jugé que les 35 heures étaient une « catastrophe », mais la présidente du Medef a reconnu qu'il n'était pas possible de « sortir comme ça » d'une « situation aussi complexe » et que le sujet ne serait pas à l'agenda des partenaires sociaux en 2011. La CGPME affichait, elle aussi, sa satisfaction. Idéologiquement peu favorable aux 35 heures, le patronat n'est pourtant pas prêt à revenir à la situation pré-1998. FlexibilitéPremière explication : remettre en cause les RTT signifierait renégocier la totalité des accords dans les entreprises. Or, les employeurs qui gardent le souvenir des discussions dures qui ont marqué le passage au régime des lois Aubry I et II ne sont pas prêts à remettre l'ouvrage sur le métier. D'autant qu'ils ont su, à l'époque, profiter du passage aux 35 heures pour gagner en flexibilité, via la modulation et l'annualisation du temps de travail, et en productivité. Autre difficulté prévisible : la demande de contrepartie salariale à un retour aux 39 heures hebdomadaires. Il est, en effet, peu probable qu'une telle augmentation du temps de travail soit acceptée sans gain de rémunération pour les salariés. Un effort que les employeurs sont d'autant moins disposés à faire que, en cette période de sortie de crise, ils n'éprouvent pas le besoin d'accroître structurellement leurs volumes d'heures de production. Et qu'ils privilégient le recours aux heures supplémentaires bénéficiant d'allégements de charges depuis la loi Tepa de 2007. Au troisième trimestre 2010, le volume d'heures supplémentaires a ainsi crû de 13,7 % sur un an. Enfin, les employeurs redoutent plus que tout qu'un abandon des 35 heures s'accompagne d'une remise à plat des allégements de charges sur les bas salaires. Sur ce point, le chef de l'Etat les a pleinement rassurés, en défendant les allégements au nom de la protection de « l'emploi peu qualifié ». A. L.

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