Berlin et Paris pressent Lisbonne de demander l'aide de l'Europe

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Mieux vaut prévenir que guérir. Ce proverbe résume bien l'état d'esprit tant à Berlin qu'à Paris à propos de la situation financière du Portugal. À en croire l'hebdomadaire allemand « Der Spiegel », « ce pays affaibli financièrement ne va bientôt plus pouvoir lever des emprunts sur le marché des capitaux », estiment « des experts » des gouvernements allemand et français. « Le Portugal doit désormais rapidement demander l'aide du mécanisme de sauvetage » européen, dit-on à Berlin. De fait, on préfèrerait que Lisbonne franchisse le pas « maintenant », comme avant elle Athènes et Dublin, plutôt que « dans trois ou six mois ». Des pressions amicales Si le ministère allemand des Finances indiquait dimanche « n'exercer aucune pression sur le Portugal », un dirigeant de la zone euro révélait à l'agence Reuters que « la France et l'Allemagne ont dit, dans le cadre de l'Eurogroupe, que le Portugal devait solliciter une aide, le plus vite étant le mieux », la Finlande et les Pays-Bas étant du même avis. Ces responsables politiques expriment encore anonymement ce que maints économistes déclarent depuis plusieurs semaines. « Le Portugal serait bien avisé de se mettre sous l'aile du mécanisme de sauvetage : à un moment ou à un autre, ce sera de toute façon nécessaire et ainsi on pourrait gagner du temps », note l'économiste en chef de la Deutsche Bank, Thomas Mayer. Le Premier ministre portugais, José Socrates, a certes dès samedi relativisé le souhait franco-allemand, soulignant l'avoir déjà entendu « à plusieurs reprises au cours de la dernière année ». « Le Portugal va atteindre son objectif pour l'exercice 2010 », soit un déficit public ramené de 9,3 % du produit intérieur brut (PIB) (2009) à 7,3 % (2010), a-t-il souligné. « Parce que nous avons de meilleurs résultats sur le plan des recettes et sur celui des dépenses et c'est le signal de confiance le plus fort que nous pouvons donner aux marchés internationaux », a-t-il ajouté.Mais cela suffira-t-il pour convaincre les marchés financiers ? Le ministre portugais des Finances Fernando Teixeira dos Santos avait indiqué en octobre dernier que si les taux des emprunts portugais à 10 ans dépassaient 7 %, il faudrait avoir recours à l'aide des partenaires de la zone euro. Vendredi, ce taux à 10 ans frôlait les 7,3 %, très près de son record de novembre dernier. À l'époque, le ministre des Affaires étrangères portugais évoquait « un scénario de sortie de la zone euro » pour son pays...

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