Arnaud Lagardère défend sa stratégie 100 % médias

Heureusement qu'il y a la présentation des résultats financiers du groupe Lagardèrerave;re pour avoir des nouvelles de l'homme fort du groupe. Depuis bientôt deux ans, Arnaud Lagardèrerave;re, gérant du groupe éponyme, joue à cache-cache avec les journalistes, suscitant de nombreuses interrogations, car dans le passé, il ne se faisait pas prier pour rencontrer la presse. En interne aussi, certains soulignent son manque d'implication dans l'opérationnel. Dans l'entourage d'Arnaud Lagardèrerave;re, on balaye ces critiques, un brin agacé.En tête, le porte-parole du groupe, Ramzi Khiroun, déclare que « ce n'est pas parce qu'il est moins visible ces derniers temps qu'il s'est moins occupé du groupe ». « Bien au contraire, poursuit-il, depuis deux ans, sa priorité a été de travailler à sortir Lagardèrerave;re du bourbier EADS et au vu du résultat aujourd'hui, il a eu raison. Les conséquences industrielles auraient pu être graves, voire catastrophiques, pour le groupe ». Lagardèrerave;re, qui détient 7,5 % d'EADS, avait été impliqué dans l'enquête sur des délits d'initiés présumés au sein du groupe européen d'aéronautique et de défense. Il a été blanchi en décembre par l'Autorité des marchés financiers.« Arnaud n'est pas un héritier qui dort, c'est une lourde erreur de croire qu'il ne s'occupe que du sport. Le groupe ne ressemble plus du tout aujourd'hui à ce qu'il était il y a six ans et c'est un vrai travail », insiste pour sa part un cadre. Selon un consensus d'analystes financiers interrogés par l'agence Reuters, Lagardèrerave;re (hors EADS) devrait annoncer mercredi un résultat opérationnel en baisse de 29 % pour 2009. L'an dernier, son chiffre d'affaires a atteint 7,89 milliards d'euros, en baisse de 4 %. Une résistance possible grâce aux bons résultats de Hachette Livre.passer au numériqueC'est en mars 2003 qu'Arnaud Lagardèrerave;re s'est trouvé propulsé à la tête du groupe à la suite du décès de son père, Jean-Luc Lagardèrerave;re. Très vite, il annonce sa volonté de faire de Lagardèrerave;re un groupe 100 % médias et affiche de fortes ambitions dans la télévision. La participation dans EADS va passer de 15 % à 7,5 % mais le groupe n'arrivera jamais à mettre la main sur une grande chaîne. Aujourd'hui, il fait même machine arrière : lui qui s'était offert 20 % de Canal Plus avec une option pour monter à 34 % devrait céder cette année sa participation.Ses ambitions vont dès lors se tourner vers le numérique, puis plus récemment vers le sport. En matière d'Internet, Arnaud Lagardèrerave;re a créé la surprise en débauchant Didier Quillot, le patron d'Orange, en 2006, pour lui confier les activités presse (« Elle », « Paris Match »...) et audiovisuel (Europe 1, Virgin TV...) avec comme mission de passer au numérique. Trop tard, pointe aujourd'hui un ancien dirigeant, qui estime que le groupe « a pris le virage du numérique en 2007... avec six ans de retard ». Le marché reproche par ailleurs à Lagardèrerave;re d'avoir payé trop cher certaines acquisitions, comme le site Doctissimo et surtout la régie en ligne Nextedia.une palette d'activitésLa branche médias du groupe, Lagardèrerave;re Active, est touchée de plein fouet comme ses concurrents par la crise du marché publicitaire. L'an dernier, le M. numérique du groupe, Julien Billot, tournait les talons deux ans après son arrivée. Il est désormais officiel que son remplacement n'est plus d'actualité, sa fonction étant désormais assumée par le président du directoire de Lagardèrerave;re Active, Didier Quillot. Certains y voient la démonstration des relations tendues entre Didier Quillot et Arnaud Lagardèrerave;re... Ces dernières années, le patron de Lagardèrerave;re a surtout fait parler de lui en annonçant de fortes ambitions dans le sport, notamment avec le rachat de Sportfive, qui lui a mis le pied à l'étrier dans ce secteur. Cette société de négoce de droits sportifs pesait l'an dernier plus de 10 % du résultat opérationnel.Livre, journaux, sport, magasins..., une palette d'activité qui n'est pas toujours comprise et qui témoigne, selon certains observateurs, du manque de visibilité de la stratégie de Lagardèrerave;re. Ramzi Khiroun estime, au contraire, les choses clarifiées avec « un groupe 100 % médias présent dans quatre activités qu'il contrôle à 100 % ». Quant au sport, insiste le porte-parole du groupe, « il est temps que les gens admettent que c'est un business à part entière, qui plus est générateur de forte croissance ». « Hier, on reprochait à Arnaud Lagardèrerave;re d'être omniprésent, aujourd'hui, il serait « omni-absent », et c'est le directeur financier qui ferait marcher la maison, ça devient ridicule », s'emporte un proche. De fait, tous les mois, Arnaud Lagardèrerave;re rencontre formellement les patrons de branches : Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, Didier Quillot, Jean-Louis Nachury, PDG de Lagardèrerave;re Services et Olivier Guiget, patron de Lagardèrerave;re Sport.

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