Jean Chrétien : « Le secret, pour un gouvernement, c'est de donner l'exemple »

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STRONG> À l'époque où vous avez pris vos fonctions de Premier ministre, en 1993, le déficit budgétaire du Canada explosait. Que pensez-vous de la situation actuelle des finances publiques en Amérique du Nord ou en Europe ? C'est vrai, la situation d'aujourd'hui ressemble à celle que j'ai connue en arrivant au gouvernement. La dette canadienne atteignait 75 % du PIB et 37 % de nos revenus étaient consacrés au service de la dette. Quant au déficit, il s'élevait à plus de 9 % du PIB. J'avais dit dans ma campagne qu'il fallait avoir les mêmes critères que ceux de Maastricht, autrement dit, un ratio de 3 %. Je n'avais pas osé annoncer un niveau zéro ! Pourtant, en 1996, nous l'avons atteint et nous avons même affiché un excédent budgétaire par la suite. Comment avez-vous fait pour réduire le déficit ?Nous avons été aidés par la croissance économique, mais nous avons aussi appliqué des remèdes de cheval. Ainsi, nous avons mis à la retraite près de 20 % des fonctionnaires, nous avons réformé certains secteurs qui nous coûtaient très cher, telle l'assurance chômage. Nous avons modifié les programmes de subventions aux entreprises dans le même sens et nous avons réduit les transferts aux individus et aux provinces. Tout cela a été très difficile, mais les citoyens l'ont accepté. Non seulement parce que les Canadiens sont disciplinés, mais aussi parce qu'ils avaient compris qu'il fallait faire ces efforts. Et puis, nos rues sont larges. Difficile de les bloquer comme à Paris. Quant à paralyser un si vaste pays, ça, c'est impossible !Il s'agit pourtant de décisions très impopulaires...Le secret, pour un gouvernement, c'est de donner l'exemple. C'est ce que j'ai fait : on m'a appelé le « Premier ministre Chevrolet », parce que j'avais abandonné la luxueuse Cadillac de mes prédécesseurs. Et en même temps que nous réduisions le salaire des fonctionnaires, nous avons rogné celui des députés et des ministres. Nous avons aussi réduit notre train de vie, et divisé par deux le nombre de membres dans nos équipes.

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