L'État ne parvient pas à mobiliser les banques

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ussieL'écart grandissant entre les déclarations politiques et la réalité constitue désormais un problème en soi, alors que la confiance des Russes dans leurs banques n'a jamais été très solide. Le mois dernier, le président russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que les banques devraient déjà offrir de nouveaux crédits immobiliers autour de 14 % et qu'il espérait voir dans un futur proche des taux autour de 6 % à 7 %. Comme en Europe.La réalité, c'est que les taux les plus bas se situent à 19,8 % et que les banques ne manifestent guère de velléités d'abaisser ces taux. Les établissements d'État, qui bénéficient de solides injections de capitaux venant du budget russe, proposent les meilleurs taux, tandis que les banques privées proposent des taux à 24 % et ne cachent pas leur désintérêt pour le segment des prêts à l'habitat.Forte insolvabilitéDe nombreux facteurs contribuent à peser sur le prêt immobilier. Les mauvais indicateurs macroéconomiques font peur aux banques alors que près de 180.000 Russes risquent de perdre leur emploi ce mois-ci, d'après l'union des syndicats russes. L'économie russe s'est contractée à un rythme de 10 % sur le 1er semestre 2009 et les signes de reprise se font attendre. Le marché de l'immobilier a plongé de 40 % depuis octobre dans la capitale russe et aucun signe de stabilisation n'apparaît pour l'instant. En outre, les banques privées sont coincées entre des sources d'argent bon marché taries depuis un an et une augmentation régulière du taux de crédits impayés. Pour clore le tout, une loi en préparation devrait permettre à toute personne insolvable à hauteur de plus de 2.213 euros de se déclarer « en faillite », avec à la clé un report de 3 à 5 ans des créances sans risque de perdre sa propriété. Une mesure très protec- trice qui agace les banquiers, qui se plaignent du manque de responsabilité des emprunteurs russes.Emmanuel Grynszpan, à Moscou

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