L'industrie française soutenue par la seule branche automobile

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ConjonctureC'est l'arbre qui cache la forêt. Après avoir plombé les statistiques de la production industrielle en 2008 et début 2009, le secteur de l'automobile fait aujourd'hui figure de sauveur. En hausse fulgurante de 18,2 % en août par rapport à juillet selon l'Insee, l'activité de ce secteur compense presque à elle seule les baisses d'activité dans le textile-cuir (??4,2%), l'industrie agroalimentaire (??1,6%), le raffinage pétrolier (??5,3%), ou encore la chimie (??2,1%).Résultat, la production industrielle affiche une augmentation de 1,8 % en août après + 0,3 % un mois plus tôt. Entre juin et août, le rebond de la production s'élève à 2,6 %. Entamé juste après l'apparition de la prime à la casse gouvernementale de 1.000 euros en janvier, ce rebond de l'automobile est toutefois à relativiser, puisque le niveau de la production est inférieur de 25,4 % par rapport à celui du mois d'août 1995.« temporaire et partiel »Une baisse évidemment liée au repli des ventes mais aussi à la délocalisation d'un certain nombre de chaînes de production dans les pays où les coûts salariaux, entre autres, sont moins élevés. « Nous produisions 3,2 millions de véhicules en France en 2004. En 2007, nous n'en produisions plus que 2,4 millions, soit une chute de 25 % en trois ans », a rappelé Nicolas Sarkozy en début de semaine devant un parterre de chefs d'entreprise.Les économistes ne sont pas dupes. « Le soutien de l'automobile est seulement temporaire et partiel. Il diminuera avec la dégressivité de la prime à la casse en France et la fin des primes à la casse dans les autres pays européens qui interviendront avant la fin de l'année en Allemagne et au Royaume-Uni et en janvier 2010 en Autriche, en Italie, au Portugal et aux Pays-Bas », explique Mathilde Lemoine, chez HSBC France. « La production industrielle devrait rester pénalisée début 2010 par la faiblesse de la demande, c'est-à-dire de l'investissement et de la consommation des ménages. En effet, le taux d'utilisation des capacités de production est au plus bas et la consommation des ménages, un temps soutenue par les mesures sociales et la prime à la casse, va être victime de l'épargne de précaution et de la stagnation voire de la baisse des salaires », ajoute l'économiste. Toujours est-il que cette bonne nouvelle statistique, anticipée par les enquêtes de conjoncture, permet d'envisager à court terme la poursuite du rebond surprise de l'activité observé au deuxième trimestre (+ 0,3 % pour le PIB). La Banque de France et l'Insee tablent respectivement sur une hausse de 0,3 % et de 0,5 % du PIB au troisième trimestre. n Le niveau de la production automobile est inférieur de 25,4 % par rapport à celui du mois d'août 1995.

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