L'Europe à la recherche de son président

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Qui sera la nouvelle star ? Tous réunis hier à Berlin pour célébrer les vingt ans de la chute du Mur, les vingt-sept dirigeants européens en ont profité pour parler en coulisse du « casting » de la future voix et du visage de l'Union européenne. La présidence suédoise multiplie les consultations en vue d'un sommet extraordinaire qui sera organisé dans les prochains jours. Maintenant que la ratification du traité de Lisbonne est achevée, rien d'autre que les désaccords entre capitales ne fait obstacle à la nomination du président du Conseil et à celle du haut représentant pour la politique étrangère.« Dans ce jeu européen, les noms de la première vague ne sont pas forcément les vainqueurs de la dernière », déclarait Nicolas Sarkozy à la sortie du dernier sommet européen. Effectivement, le nom de Tony Blair semble avoir définitivement sombré, tandis que celui du Premier ministre belge, Herman Van Rompuy, a soudainement émergé. Il est devenu le candidat commun promis par Paris et Berlin. « Je ne pense que du bien de lui. C'est un homme très bien, un homme intelligent », a déclaré le président français. L'intéressé, plutôt discret, n'était pas demandeur mais il sera sans doute preneur. Inconnu sur la scène européenne, le chrétien-démocrate flamand, Premier ministre depuis moins d'un an, n'a en fait pas eu le temps de se faire d'ennemi. Officiellement, l'ancienne présidente lettone, Vaira Vike-Freiberga, reste en lice, d'autant plus que le quatuor des dirigeants européens, président de la Commission, du Parlement, du Conseil et haut représentant, s'annonce très masculin. Mais ses chances semblent réduites. Il règne une certaine opacité autour de cette nomination et Ségolène Royal estime dans « La Tribune » qu'« à terme, c'est au suffrage universel que devra être désigné le président de l'Europe ».quelque chose d'ironiqueDu côté du haut représentant aussi, le favori est une surprise. On parle beaucoup de l'actuel ministre des Affaires étrangères britannique, David Miliband. Il y aurait quelque chose d'ironique à voir un Britannique occuper ce poste dont Londres avait tenté de minorer l'importance pendant les négociations du traité de Lisbonne.La bonne nouvelle pour l'Europe, c'est qu'Herman Van Rompuy et David Miliband sont loin d'être des responsables politiques nationaux sur le retour. Au contraire, les Belges semblent inquiets à l'idée de « lâcher » à l'Europe celui qui a su mettre un terme aux turbulences dans leur pays et le Labour britannique rechigne à « sacrifier » l'un de ses principaux atouts en vue des prochaines élections législatives.

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