Airbus tente à nouveau de décoller au Japon

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Airbus fera-t-il enfin son apparition sur les radars japonais en 2010 ? L'avionneur européen demeure aujourd'hui toujours autant absent du deuxième marché mondial, aux mains de Boeing tant pour les commandes civiles que militaires. La part de marché d'Airbus dans l'archipel plafonne à un médiocre 4 % (contre 55 % dans le reste de l'Asie).Côté européen, on fustigeait facilement jusqu'ici l'influence politique et économique américaine dans l'archipel pour justifier cet échec permanent. Côté japonais, on rappelle que Boeing fait la part belle aux fournisseurs nippons pour ses équipements alors qu'Airbus leur demeure fermé. 70 % du Boeing 787 est externalisé (dont les parties « nobles » de l'appareil), à moitié au Japon, où cet avion jouit du statut de « programme national japonais », alors que moins de 2 % de l'A380 est produit au Japon (les pneus, les portes, etc.).Airbus pourtant estime que 2010 pourrait être l'année de son décollage dans l'archipel grâce à une multitude de facteurs encourageants. Le contexte politique, avec l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité pour la première fois depuis 1945, qui souhaite se démarquer de l'équipe précédente, sert le géant européen. « Airbus incarne le renouveau, l'avenir », veut croire un proche de la compagnie. Le ministère des Transports japonais en particulier est ouvert à toute nouvelle suggestion : il veut rompre avec cinquante ans d'une politique absurde (le Japon dispose aujourd'hui d'une centaine d'aéroports, la quasi-totalité en déficit, n'a pas de « hub » international, et sa compagnie nationale est en faillite).L'avionneur européen a, par ailleurs, décidé de se « japoniser », à l'instar de Boeing. Ainsi la secrétaire d'État française chargée du commerce extérieur, Anne-Marie Idrac, avait-elle annoncé lors de sa venue au Japon, en octobre dernier, qu'EADS allait décupler le montant de ses commandes annuelles dans l'archipel. Fondamentalement, Airbus compte créer un « triangle vertueux » entre les équipementiers japonais, elle-même et les compagnies nationales japonaises pour apparaître comme un acteur local et offrir une véritable alternative à Boeing.un cheval de Troie Parmi la dizaine d'acteurs japonais de l'aéronautique, Airbus, qui utilise la maison de négoce Mitsui pour défendre ses intérêts et se « positionner » au Japon, pourrait se rapprocher de Kawasaki Heavy Industries, pendant du partenaire privilégié de Boeing qu'est Mitsubishi Heavy Industries. L'avionneur européen dispose pour sa stratégie d'un cheval de Troie de taille : l'A380, plébiscité selon lui par les passagers japonais, qui ont pu l'emprunter vers Singapour (sur Singapore Airlines) ou l'Australie (sur Qantas), et qui embarqueront demain vers Paris, Amsterdam? « Il est temps d'écouter la clientèle », résume un proche d'Airbus.Régis Arnaud, à Tokyo

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