« Le seuil de panique de 2008 n'est pas encore atteint »

STRONG>Abdolreza AbbassianÉconomiste à la FAOLa hausse des prix alimentaires est-elle, selon vous, une tendance qui s'inscrit dans la durée ?L'indice global des prix des produits de base agricoles se situe en effet à un niveau historique avec, depuis 2006, une volatilité nettement plus importante. A priori, je ne vois pas de raisons fondamentales susceptibles de modifier cette tendance au cours des six prochains mois.Quelles sont les raisons profondes à cette hausse ? Les récoltes de céréales ont été bonnes en 2010 mais les croissances des économies émergentes et de la population mondiale sont telles qu'il nous faut produire encore plus. De surcroît, le monde a dû affronter une série de tragédies climatiques qui ont créé de l'instabilité. Enfin, la baisse des stocks décidée par des changements de politique agricole dans les grands pays exportateurs de céréales a pesé sur les pays importateurs qui n'ont pas eu le temps de s'adapter à cette nouvelle situation.Risquons-nous dans ces conditions de revivre les mêmes émeutes de la faim qu'en 2008 ? Chaque année, 30 pays sont confrontés à ce problème. Et en 2008, ils étaient 10 à 15 de plus. Nous n'avons pas atteint ce même seuil de panique, dans la mesure où les prix des céréales les plus importantes sont encore inférieurs à ceux de 2008. Celui du riz est moitié moins élevé, et celui du blé encore en deçà de 30 % par rapport à son pic de 2008. Ce qui ne veut pas dire que cette situation est rassurante pour autant : la hausse du prix de certains produits comme le sucre et l'huile par exemple n'exclut pas, compte tenu notamment des effets de substitution, une éventuelle contagion à d'autres produits. Propos recueillis par Marjorie Bertouille

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