Jean-François Copé, l'« homme pressé », relance son offensive

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L'homme press頻. C'est ainsi qu'était souvent qualifié Nicolas Sarkozy au début des années 1990, et ce n'est pas par hasard si ce vocable fournit aujourd'hui le titre de la première biographie de Jean-François Copé. Le livre, fouillé et rythmé, est signé par Solenn de Royer, journaliste à « La Croix », et Frédéric Dumoulin, correspondant politique à l'AFP. Et sous-titré : « Enquête sur celui qui veut la place de Sarkozy ». Tout est dit.Ambitieux déclaré, Jean-François Copé s'inspire de l'exemple de son aîné de dix ans pour réussir comme lui à conquérir le pouvoir suprême. Il parie sur la présidentielle de 2017, mais n'exclut pas de tenter sa chance dès 2012 si d'aventure, comme il le confie parfois, Nicolas Sarkozy décidait de ne pas se représenter.De l'actuel chef de l'État, Jean-François Copé a retenu ce conseil : « En politique, ce qui compte, ce ne sont pas les mandats, c'est le parti. Deuxième chose : [?] il ne faut rien demander, il faut prendre. Troisième chose : c'est un monde de neurasthéniques ; il faut se marrer, sinon on déprime. »« coproduction » Et depuis qu'il a été élu président du groupe majoritaire à l'Assemblée, Jean-François Copé s'amuse à bousculer le pouvoir exécutif, qui s'irrite à intervalles réguliers de ses initiatives de « coproduction » législative.Jeudi dernier, il a ainsi annoncé la création d'un groupe de travail sur le mode de scrutin des élus, qui doivent remplacer les conseillers généraux et régionaux après la réforme des collectivités territoriales. Décidé à intervenir dans le débat sur l'identité nationale, qu'il juge « structurant » pour la société française, Jean-François Copé est aussi en pointe sur la question de la burqa (voir encadré ci-contre). Il se dit « totalement hostile » à l'introduction du droit de vote pour les immigrés pour les élections locales, alors que Nicolas Sarkozy pourrait être tenté par une « sortie par le haut » du débat mené difficilement par le ministre de l'Immigration, Éric Besson.Mais, dans la construction de son parcours politique, Jean-François Copé s'adresse d'abord à son camp, la droite, ce qui fait sa popularité parmi des élus UMP, parfois désarçonnés par les aventures de l'ouverture sarkozyste. Il se fait notamment entendre sur la fiscalité, rappelant à chaque création de taxe qu'il ne fait « pas partie d'une majorité élue pour augmenter les impôts ».Ces prises de position successives font qu'il est encore difficile d'imaginer Jean-François Copé incarnant une alternative à Nicolas Sarkozy. Mais il y travaille, s'appuyant notamment sur les soixante-quinze « antennes » de son club, Génération France, qui revendique 4.000 à 5.000 adhérents. L'occasion pour lui de se démarquer de l'UMP, dirigée par son rival, Xavier Bertrand.Jean-François Copé a inscrit une vingtaine de déplacements à son agenda de la campagne des régionales. Il multiplie aussi les voyages à l'étranger, qui forment tous les présidentiables. Seule ombre au tableau : la révélation dans le livre de Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin de l'opposition du président du groupe UMP à la fusion des professions d'avocat et de conseil en propriété industrielle, voulue par Nicolas Sarkozy. Un projet qui aurait retiré beaucoup d'activité au prestigieux cabinet parisien Gide Loyrette Nouel, dans lequel travaille? Jean-François Copé.

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