François Hollande met les bouchées doubles pour 2012

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« J'aspire à une autre présidence? » Comme souvent, François Hollande use d'une pirouette pour répondre à une question. Et du coup, se dévoile. La rumeur le donne comme une nouvelle prise de l'« ouverture » avec une éventuelle nomination à la tête de la Cour des comptes par Nicolas Sarkozy. Au téléphone, l'ancien patron du Parti socialiste feint de s'en amuser pour mieux réaffirmer ses propres ambitions. En l'occurrence élyséennes.Dimanche, sur Europe 1, le député de Corrèze a été plus précis encore : « Ce n'est pas mon destin [?]. Je suis dans la vie politique ; la première présidence de la Cour des comptes n'est pas dans la vie politique. » Avant de souligner : « Je ne suis plus dans les petits rôles ou dans les personnages secondaires [?]. Je me prépare pour être candidat en 2012. »en hausse dans les sondagesIl y a quelques mois, l'appétit présidentiel de François Hollande faisait encore sourire au PS, où l'on estimait qu'il avait loupé la marche en 2007. Mais, en ce début d'année 2010, des proches de Martine Aubry, et surtout de Dominique Strauss-Kahn, expliquent ne plus sous-estimer celui qui veilla pendant onze ans aux destinées électorales du premier parti d'opposition, avec ses succès et ses échecs. S'il est encore devancé par les deux anciens ministres de Lionel Jospin dans les sondages, l'ancien premier secrétaire y progresse régulièrement.Fin 2009, François Hollande, qui conserve des réseaux solides au PS, a présenté un projet d'une réforme fiscale globale pour 2012, dans le cadre d'un « contrat de l'après-crise » qu'il articule en trois volets : redistributif, productif et éducatif. Le 19 janvier, à Paris, il réunira des économistes, des chefs d'entreprise et des sociologues pour définir les contours d'une croissance « équilibrée, écologique et durable ». Avant de parler plus tard de l'enseignement et de la recherche.L'ancien patron du PS, qui connaît mieux que personne le poids de l'appareil du parti et ses pesanteurs, est par ailleurs décidé à bousculer le calendrier. Il veut que les primaires de désignation du candidat socialiste aient lieu « un an avant la présidentielle ». Jugeant au passage que l'organisation précoce de l'exercice ne devrait pas être un handicap pour Dominique Strauss-Kahn, pourtant retenu par ses obligations au FMI.Conscient de son déficit de notoriété, François Hollande sacrifie aussi désormais aux rites de la pipolisation de la vie politique. Il sera le 24 janvier l'invité de « Vivement dimanche », prenant place à son tour sur le canapé rouge de Michel Drucker. Mais le député socialiste trace des limites à l'exercice au détour d'un commentaire sur le documentaire consacré à Lionel Jospin : « On ne va jamais assez loin dans sa propre confession, parce qu'il y a un moment où l'on ne peut pas mettre non plus l'intime à la place du politique ». H. F.

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