Les commissaires européens désignés passent leur grand oral

Cela fait six semaines que les commissaires pressentis bachotent comme des lycéens. Ils ont déjà passé l'épreuve écrite et renvoyé six pages de réponses à un questionnaire transmis par les eurodéputés. Cette semaine commence le grand oral. D'ici au 19 janvier, les 26 membres du collège Barroso II vont plancher un à un devant les élus. Sagement assis à une petite table, au même niveau que l'auditoire, et non à la tribune, ils seront soumis pendant trois heures au feu des questions. Chacun est auditionné par la ou les commissions parlementaires traitant de ses affaires, et doit répondre à des questions précises sur des sujets techniques. « Quand on ne sait pas, il faut surtout éviter d'improviser une réponse ! », confie à « La Tribune » l'expérimenté Jacques Barrot. « Il faut bien se préparer pour connaître les sujets et éviter de braquer une sensibilité en particulier, poursuit le commissaire à la Justice sortant. Dans mon domaine, il y a les sensibilités sécuritaires d'un côté, les sensibilités libertaires de l'autre, et il faut arriver à trouver une synthèse. »La haute représentante, Catherine Ashton, ouvre le bal lundi après-midi devant la commission parlementaire des Affaires étrangères. L'examen de Michel Barnier, mercredi après-midi, se fera à la fois devant la commission du Marché intérieur et celle des Affaires économiques et monétaires. « Les députés seront sans complaisance, ils iront au fond des choses et ils seront impartiaux », a assuré Jerzy Buzek, le président du Parlement. C'est que l'exercice n'est pas de pure forme. Certes, le Parlement n'a pas officiellement le pouvoir de rejeter l'un ou l'autre commissaire, mais il peut imposer ses conditions en menaçant de censurer l'équipe en bloc lors du vote prévu le 26 janvier. En 2004, les eurodéputés avaient fait un coup d'éclat en recalant la candidature de Rocco Buttiglione au portefeuille de la Justice. L'Italien avait assimilé devant eux l'homosexualité à « un péch頻, et considéré que la famille existait « pour permettre à une femme d'avoir des enfants et d'être protégée par un mâle qui prend soin d'elle ».Y aura-t-il des clashs cette année encore ? La Bulgare Rumiana Jeleva, commissaire désignée à la Coopération et à l'Aide humanitaire devra démentir de façon crédible les rumeurs sur les liens de son mari avec les services de renseignement russes. Le Roumain Dacian Ciolos, en charge de la Politique agricole commune ? qui absorbe un gros tiers du budget européen ?, vient d'un des pays les plus touchés par la corruption. Il devra donc lui aussi donner des gages pour se faire confirmer. On s'attend évidemment à ce que Michel Barnier, chargé de la régulation financière, soit chahuté par les conservateurs britanniques. La Danoise Connie Hedegaard, future « Madame Climat », sera tancée sur le résultat décevant de la conférence de Copenhague qu'elle a préparée. Mais rien, a priori, qui justifie de recaler un candidat. Aujourd'hui, le pouvoir du Parlement est suffisamment assis pour qu'il n'ait plus à chercher à retoquer des candidats pour s'imposer. Sauf surprise ou gaffe monumentale?

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