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Fermeture d'usines, austérité... une explosion sociale est-elle possible?

La Tribune

Publié le 10 février 2013 à 22:04 - Mis à jour le 10 février 2013 à 22:04

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18 juillet 2026

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LA TRIBUNE - Alors que les conflits se multiplient dans les entreprises, les services de renseignements de la police ont reçu comme instruction d’anticiper une éventuelle radicalisation des mouvements sociaux. Il y a-t-il un risque de voir se transformer les différents mouvements dans les usines en difficulté en une explosion sociale généralisée ?Stéphane Sirot - Ce genre de phénomène ne se prévoit pas. Je pense qu’on aura une multiplication de mini explosions sociales, comme à PSA, plus qu’une explosion sociale générale et nationale. Ces explosions ont lieu là où il y a des suppressions d’emplois. Mais les accords compétitivité-emploi, qui ont été signés le 11 janvier, peuvent, dans leur mise en application, accentuer la tension sociale.La tendance aujourd’hui, est à la multiplication des micro-conflictualités. La tension sociale dans les entreprises est mesurée par le ministère du Travail. Et depuis une dizaine d’années, on observe une montée des tensions, sans forcément être très spectaculaire ou très visible. Elle peut se manifester par de l’absentéisme par exemple.Pour encadrer et porter une mobilisation nationale, il faut des organisations structurantes. Au XXe siècle, les grandes manifestations étaient contrôlées par des organisations syndicales.Les syndicats aujourd’hui, participent-ils à la radicalisation des mouvements, ou, au contraire, jouent-ils l’apaisement ?Aujourd’hui les organisations syndicales n’ont pas la volonté de faire monter la tension. Les réactions sont radicales lorsque, en face, les directions des entreprises ont une démarche radicale. Chez Renault, les accords de compétitivité et d\'emplois peuvent prendre une forme de menace: si on ne les signe pas, on ferme l\'usine. La manière dont le dialogue social est envisagé n’est pas forcément la bonne, et elle peut déboucher sur un mouvement radical.Actuellement, ce qui joue en faveur de cette radicalité, ce ne sont pas forcément les représentants syndicaux -qui privilégient la négociation- mais certains salariés qui considèrent qu’ils payent aujourd’hui le choix de mauvaises décisions industrielles. Ils pensent être une variable d’ajustement. Et il y a une déception vis-à-vis du gouvernement, après les espoirs donnés par les promesses de campagne. C’est notamment le cas pour ArcelorMittal. Cela crée une déception, cela attise les mobilisations qui peuvent déborder.La mobilisation vient de la base, y compris de la base des syndicats eux-même. Ceux au contact des salariés accompagnent les mobilisations. Il y a un fossé qui se creuse entre les salariés de l’entreprise et les directions syndicales, plus engagées dans un processus d’accompagnement des politiques.Dans la fonction publique également, pour les instituteurs, les syndicats ont appelé à la grève mardi prochain parce qu’ils constataient qu’il y avait une mobilisation. A la base, il y a un mécontentement qui grandit. Et le plus grand danger pour le gouvernement, c’est de voir monter ces contestations.La violence et l\'ampleur des mouvements sociaux varient-elles en fonction de la couleur politique du gouvernement en place?Cela aurait pu être le cas à une autre époque. Mais aujourd’hui les salariés sont échaudés par les alternances qui depuis 30 ans leur montrent qu’il n’y a pas de véritables différences sur les questions économiques et sociales. Aujourd’hui les questions clivantes entre la droite et la gauche sont les questions sociétales, comme le mariage homosexuel. Et ce ne sont pas celles qui préoccupent les salariés à l’heure actuelle.Le fait que le gouvernement actuel soit de gauche joue plus au niveau des cadres syndicaux que des salariés. A la CGT, la tonalité est critique, mais pas virulente envers le gouvernement.Les mouvements sociaux actuels sont des réponses à des décisions prises dans différentes entreprises. Ils ne répondent pas aux mêmes enjeux, aux mêmes problématiques. Les grandes mobilisations nationales se font autour d’une loi ou d’une réforme (le plan Juppé en 1995, les retraites en 2003, le CPE en 2006, etc.). Le risque sur le long terme, c’est que la spirale d’austérité se poursuive et épuise le corps social. Cela sera plus difficile à gérer au niveau national.N’y a-t-il pas d’autres choix que d’attendre la fin de la crise ?La fin de la crise, on ne la voit pas. Ce qui se dessine, c’est la poursuite des politiques de réduction des déficits, et de réduction du coût du travail. Et même si le retour de la croissance et de l’emploi apporterait l’apaisement, il pourrait également être accompagné de réclamations sur les salaires, les conditions de travail.

La Tribune

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