Victoire emblématique des Républicains sur les syndicats dans le Wisconsin

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Les 14 sénateurs démocrates du Wisconsin vont pouvoir retrouver leur foyer, trois semaines après avoir fui cet État du nord du pays dans l'espoir de bloquer l'adoption d'un projet de loi visant les syndicats de fonctionnaires. En leur absence, le Sénat du Wisconsin était jusque-là privé du quorum nécessaire au vote. Mais leurs adversaires républicains ont finalement trouvé une parade et ont pu adopter ce projet de loi controversé, sous les protestations de plusieurs centaines d'opposants, les traitant depuis les balcons de « poules mouillées ».« En 30 minutes, 18 sénateurs de l'État ont effacé cinquante ans de droits civiques dans le Wisconsin. Leur manque de respect envers le peuple et ses droits est un outrage qui ne sera jamais oublié », a réagi Mark Miller, le chef de file de la majorité démocrate, toujours « exilé » dans l'Illinois. « Depuis trois semaines, les sénateurs démocrates ont refusé de débattre de ce projet de loi », a rétorqué Scott Walker, le nouveau gouverneur républicain qui avait promis, pendant sa campagne de s'attaquer au déficit public galopant qui touche le Wisconsin - il pourrait atteindre les 3,6 milliards de dollars dans deux ans.Champ de batailleLe texte définitivement adopté jeudi prévoit d'augmenter les cotisations des fonctionnaires pour leur retraite et pour leur assurance-santé. Le pouvoir de négociation des syndicats sera par ailleurs fortement réduit, limité à la revalorisation des salaires qui ne pourra plus excéder l'inflation. Surtout, leurs adhérents ne seront plus contraints de verser une cotisation, qui ne pourra d'ailleurs plus être prélevée directement sur les fiches de paie. Ces trois dernières semaines, Madison, la capitale du Wisconsin, s'était transformée en champ de bataille. D'un côté plusieurs milliers de manifestants, soutenus notamment par le médiatique réalisateur Michael Moore. De l'autre, des républicains inflexibles et conscients que la bataille qu'ils disputaient là aurait des conséquences nationales. Parce qu'elle va servir de modèle alors que plusieurs États, comme l'Ohio, l'Indiana ou le New Jersey, souhaitent prendre des initiatives similaires. Mais aussi parce que cette offensive contre les syndicats, la plus importante depuis celle menée par Ronald Reagan en 1981, contribue à affaiblir leurs adversaires politiques. Moins puissants, les syndicats devront diminuer leurs dons au Parti démocrate. En s'imposant à Madison, les Républicains espèrent ainsi avoir marqué un premier point dans la course à la Maison-Blanche. Jérôme Marin, à New York

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