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L'avenir de l'eau, le dessalement ?

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Publié le 10 mars 2011 à 20:27 - Mis à jour le 10 mars 2011 à 20:27

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18 juillet 2026

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En avril 2011 se tiendra le Global Water Summit à Berlin. À cette date, un milliard de personnes auront toujours un accès difficile à l'eau potable. Face aux besoins croissants pour l'irrigation agricole et la consommation domestique, le dessalement de l'eau de mer ressemble à la solution miracle. Pourtant, les effets négatifs de certaines technologies sont réels. Il est donc nécessaire de repenser le sujet dans son ensemble. Le marché du dessalement, de 18 milliards de dollars en 2009, croît d'environ 10 % par an, tiré par les États riches en pétrole mais pauvres en eau (Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, etc.). Mais quel est le réel impact environnemental du dessalement ?Avant de mettre en oeuvre des technologies de « fabrication d'eau », il est tout d'abord prioritaire d'en réduire les consommations. L'agriculture, qui utilise les deux tiers des quantités mondiales d'eau douce, présente un gisement d'économies significatif. En Israël, des technologies de pilotage de l'irrigation corrélées à du goutte-à-goutte permettent de réduire de près de 80 % la consommation d'eau, tout en améliorant certaines caractéristiques agronomiques. L'eau potable n'est pas en reste : à Londres, le conglomérat qui fournit la ville en eau ambitionne de construire une usine de dessalement. Les réseaux de la ville fuient tellement que près de 50 % de l'eau traitée est perdue en chemin. Le coût total pour réparer un réseau endommagé représenterait 10 % des coûts de dessalement. Afin de faire le bon choix, il est donc nécessaire de penser les politiques de gestion de l'eau dans leur globalité. Le dessalement de l'eau devrait être une solution à considérer en dernier ressort, une fois que toutes les mesures de réduction de la consommation ont été mises en place, et après avoir étudié toutes les options alternatives.L'étude du besoin est importante avant de considérer le traitement de l'eau de mer comme unique solution. Pour des besoins d'irrigation par exemple, le dessalement n'est pas viable économiquement. Mais d'autres solutions existent, comme la réutilisation d'eaux grises (eaux sanitaires des douches et cuisines) ou le retraitement d'eaux usées (eaux industrielles, eaux des toilettes). À Mexico, presque 100 % des eaux usées brutes de la capitale mexicaine sont réutilisées pour l'irrigation de plus de 85.000 hectares de diverses cultures agricoles. Les technologies développées pour le dessalement s'appliquent aussi aux eaux souillées, en facilitant la décontamination, et il est possible de recycler les eaux usées en eaux potables comme le fait la capitale de la Namibie, mais les barrières psychologiques restent encore importantes. Une étude australienne classait les différentes options de fourniture d'eau douce : les moins chères sont la réduction de la consommation ou la réutilisation de l'eau de ruissellement. Le dessalement se classe parmi les solutions les plus onéreuses, juste avant la construction de barrages.Le principe du dessalement consiste à extraire l'eau douce à partir de l'eau de mer, en soumettant celle-ci à une forte pression ou à une forte température. La technologie phare proposée aujourd'hui est l'osmose inverse, avec un coût énergétique qui représente encore plus de 50 % des coûts totaux, et des émissions de gaz à effet de serre en proportion. À cela il faut ajouter des rejets de saumure, de molécules toxiques utilisées pour le traitement ou le nettoyage des systèmes et une eau réinjectée dans le milieu marin à une température élevée. La massification des sites multiplie encore l'impact négatif de ces rejets, sans pour autant apporter d'économies d'échelle sur le coût environnemental. La réglementation se durcit en conséquence et, dans bien des cas, une approche « décentralisée » se révélerait plus pertinente. L'eau potable pourrait être produite à la demande pour fournir de 10 à 300 foyers par exemple, le tout alimenté par des énergies renouvelables.Le dessalement à échelle industrielle sera donc la bonne solution dans des contextes bien précis, et en dernier recours. Avant tout, il est essentiel de ne pas perdre de vue la complexité du cycle de l'eau et de l'impact des activités humaines sur celui-ci. Le maintien de zones de couvertures végétales favorise les précipitations, tandis que l'imperméabilisation des sols urbains favorise le ruissellement et les pertes d'eau douce, avec des techniques de conservation des sols qui réduisent les besoins en eau et permettent de mieux stocker les eaux de pluie. Prendre en compte cette complexité permettrait de construire un « capital eau » pour notre avenir.*BeCitizen est la filiale environnement du groupe Edmond de Rothschild Perspective

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