youssou n'dour à la sauce reggae

Passionné par la musique », ainsi se définit aujourd'hui encore Youssou N'Dour. Bel enthousiasme malgré plus de trente ans de scène. « Ma carrière n'a cessé d'évoluer, confirme l'artiste. J'ai toujours eu assez de liberté pour rebondir, ne jamais me cantonner à un style ». Preuve est faite avec ce nouvel album, « Dakar Kingston ». Enregistré au studio Tuff Gong en compagnie de sommités de la musique jamaïcaines : Earl « Chinna » Smith à la guitare et Dean Fraser au saxophone. L'album rend hommage au détour d'une chanson : « Marley » au plus réputé des artistes reggae. De bout en bout, la tessiture impressionnante de Youssou N'Dour enchante, portée par des instrumentations péchues.Quatre chansons, sur cet album, sont inédites. Parmi elles, les duos avec des grands noms de la scène reggae, au premier rang desquels Morgan Heritage et Patrice. La chanteuse Ayo prête aussi sa voix suave au très tranquille « Africa, dream again ». Chantés dans un mélange de wolof, d'anglais et de français, les neuf autres titres sont des incontournables de son répertoire « mais ils n'avaient pas encore eu leur chance », glisse-t-il.Le « roi du Mbalax »Ce n'est pas la première fois que « le roi du Mbalax » (le style musical populaire au Sénégal) explore de nouveaux horizons. Sur « Egypt » sorti en 2004, il s'accompagnait d'un grand orchestre oriental où le violon et l'oud côtoyaient le balafon et la guitare. Pour illustrer le fait que « l'Islam ne s'arrête pas aux pays arabes », Youssou N'Dour délivrait alors un message religieux, louant le Cheick Ahmadou Bamba, fondateur de la principale confrérie soufie au Sénégal au XIXe siècle. Quitte à dérouter, du moins dans son pays d'origine où les ventes ne décollent pas dans un premier temps. L'étranger lui réserve un meilleur accueil : le « grammy award » du meilleur album de musique du monde lui est décerné l'année suivante. « Cette récompense a permis de faire retomber la polémique », confie l'artiste. Auréolé de cette distinction, « Egypt » a dès lors été mieux accepté, et mieux compris. Il aurait même ouvert la voie à un nouveau courant musical. « Depuis cette expérience, on entend de plus en plus de groupes à la radio, à la télévision qui choisissent la religion comme thème. »La naissance de ce projet original, et la tournée internationale qui s'en est suivie, c'est le sujet du film de Elizabeth Chai Vasarhelyi « I Bring What I Love » sur les écrans le 14 avril. La réalisatrice a suivi Youssou N'Dour partout pendant plus de deux ans. Sur scène, mais aussi chez lui, auprès des siens, à la mosquée, à l'Université de Dakar. On le voit également au siège de la Banque mondiale à Washington demander des subsides pour la lutte contre le paludisme. « En tant qu'artistes, nous sommes en position pour changer les choses. Nous sommes connus, donc nous sommes écoutés. Et puis nous sommes le porte-voix des populations. » Engagé, l'artiste l'est aussi pour les sinistrés d'Haïti. Début mars, à l'initiative de la chanteuse Coumba Gawlo, il a participé à l'enregistrement de la chanson « Haïti on ne te laissera pas dans l'oubli » avec d'autres grands noms de la scène africaine. Parce que « l'Afrique ce n'est pas seulement le sida, les guerres et la misère, l'Afrique c'est aussi la solidarité et une grande richesse. » n? En concert le 19 mars à Paris Bercy pour le grand bal africain et le 23 à l'Olympia. « Dakar Kingston » sortie le 8 mars chez Universal Music.

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