Les CDS dans le collimateur de l'Europe

Les idées fusent pour mieux contrôler le marché des Credit Default Swaps (CDS), ces contrats d'assurance contre un risque de défaut, soupçonnés d'être devenus un instrument de spéculation dans la crise des finances publiques grecque. Dans un entretien à l'Agefi Hebdo publié ce jeudi, le Gouverneur de la Banque de France Christian Noyer juge que « l'opacité des marchés de CDS (...) n'est plus acceptable. Ce marché doit être placé sous la responsabilité de la banque centrale dans laquelle ces CDS sont traités ». Mardi, le président de la commission européenne Jose Manuel Barroso avait assuré que Bruxelles entendait « examiner de près l'opportunité d'interdire les opérations purement spéculatives sur les « credit default swaps » liés à la dette souveraine », ceci en réponse aux demandes pressantes de la France, de l'Allemagne et de la Grèce. Ces trois pays ainsi que le chef de file des ministres des finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, vont envoyer une lettre commune au président de la commission pour demander que l'Europe établisse «?des mesures très précises contre les spéculateurs?», a affirmé mercredi depuis Washington le ministre grec adjoint des affaires étrangères, Dimitris Droutsas. Pour Adair Turner, le président de la Financial Services Authority, il convient de ne pas se précipiter pour interdire les CDS souverains «?à nu?» - négociés sans détention de la dette souveraine correspondante - , d'autant que ces instruments n'ont pas été essentiels dans l'évolution de la perception du risque grec. Par ailleurs, interdire un instrument de marché risque de déplacer la spéculation sur un autre instrument ou sur la dette elle-même, prévient Christian Noyer. lancé il y a un anAlors, que faire ? Le gouverneur de la Banque de France suggère que les dérivés de crédit en euros sur des risques en euros soient compensés par un organisme européen. L'idée n'est pas nouvelle. Depuis l'an dernier, c'est l'une des priorités définies par les autorités américaine et européenne pour sécuriser et rendre plus transparents les échanges de gré à gré de produits dérivés. En se portant contrepartie de tout acheteur ou vendeur de protection, les chambres de compensation évitent que le défaut d'un seul intervenant ne mette en péril tous les autres. Lancé il y a juste un an aux États-Unis et le 27 juillet dernier en Europe, le service dédié de l'Intercontinental Exchange a déjà sécurisé l'équivalent de 6.400 milliards de dollars de couvertures brutes sur un marché total évalué à quelque 25.276 milliards. Le pendant purement européen, LCH. Clearnet SA lancera son propre service le 29 mars.

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