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Pourquoi Stéphane Richard, PDG d'Orange, est prêt à baisser son salaire

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Publié le 10 avril 2013 à 21:03 - Mis à jour le 10 avril 2013 à 21:03

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Le PDG de France Télécom est prêt à réduire son salaire d'un tiers pour éviter à son entreprise de payer la taxe de 75% sur les rémunérations de plus d'un million d'euros. Certes, le multimillionnaire Stéphane Richard, qui a déjà fait fortune dans une vie antérieure, grâce notamment à la revente du groupe immobilier Nexity, peut se permettre financièrement cette sobriété salariale. Mais ce geste, qui sera apprécié à Bercy et à l'Elysée et plus généralement par l'Etat actionnaire (27% du capital), vise aussi, voire surtout, à calmer la grogne des investisseurs, à quelques semaines de l'assemblée générale, prévue le 28 mai. Ni le salaire de Stéphane Richard, ni son mandat, qui court jusqu'au printemps 2014, ne seront soumis au vote de cette AG, qui doit consacrer le changement de nom définitif de l'entreprise, rebaptisée officiellement «Orange » le 1er juillet. Mais dans un contexte de volonté croissante des actionnaires d'avoir leur mot à dire sur la rémunération des dirigeants (le « say-on-pay »), le patron de l'opérateur trouve ici un moyen de ne pas prêter le flanc à la critique et même de recueillir l'approbation des investisseurs, qu'il peine tant à susciter.UBS et Goldman conseillent de vendre Car il semble que rien n'y fasse : Stéphane Richard a beau s'épuiser en road-shows à l'étranger avec son numéro deux, Gervais Pellissier, impossible de retrouver grâce aux yeux des marchés financiers. L'action France Télécom n'en finit pas de chuter. Pire performance du CAC 40 en 2012 (-31%), la valeur a encore baissé de près de 7% depuis janvier (le troisième plus fort recul de l'indice). A peine le PDG était-il rentré des Etats-Unis que la banque UBS dégradait sa recommandation le 3 avril de « neutre » à « vendre », abaissant de 8 à 6,8 euros son objectif de cours, la veille du lancement de la 4G par l'opérateur. Gros coup de blues au siège de la Tour Olivier de Serres, où la fête était un peu gâchée. Morgan Stanley a eu beau relever le lendemain son conseil à « surpondérer » et faire valoir que le titre était survendu (objectif de cours à 9,60 euros), le sursaut aura été de courte durée. Ce mercredi, Goldman Sachs s'y met aussi, faisant entrer France Telecom dans sa liste de conviction des valeurs à vendre et diminuant son objectif de cours à 7 euros. L'action de l'opérateur historique a tangué de près de 2% en matinée avant de se redresser en fin de séance dans le sillage de la remontée du CAC et de Wall Street (à 7,82 euros en clôture). Malgré le recul du cours, la majorité des courtiers conseillent de conserver et restent prudents. « Les analystes et les investisseurs se montrent sceptiques sur la capacité du groupe à réduire ses coûts. L'image d'un groupe aux effectifs pléthoriques de fonctionnaires, pas tout à fait libre de ses décisions et occasionnellement instrumentalisé par l'Etat lui colle à la peau, surtout auprès des fonds américains » décrypte un bon connaisseur de ce milieu. Le geste de Stéphane Richard a ainsi vocation à envoyer un signal, à montrer que les choses changent. Mais il peut aussi être interprété comme une façon de se plier au souhait du Château.Une valeur boursière seulement 2 fois supérieure à celle de FreeDans le camp des pessimistes, Goldman et UBS soutiennent la même thèse : le marché mobile français n'est pas au bout de ses peines et 2013 s'annonce encore difficile - ce que Stéphane Richard a dit lui-même à la présentation des résultats annuels. Selon ces courtiers, il vaut donc mieux « jouer » Iliad, la maison-mère de Free, qui cote pourtant non loin de son record historique : Goldman Sachs voit désormais l'action à 187 euros (contre 163 aujourd'hui). « Un objectif de 7 euros ça devient ridicule, c'est du Orange « bashing » et ça peut devenir dangereux » considère un analyste. La hantise des grands opérateurs européens mal traités par la Bourse : se faire racheter à vil prix par un géant étranger profitant de cet accès de faiblesse, comme AT&T qui a dit s'intéresser à l'Europe, ou Carlos Slim, le magnat mexicain déjà entré au capital de KPN et Telekom Austria. La présence de l'Etat au capital protège en partie France Télécom d'une entrée en force, mais pas sa capitalisation boursière. A un peu plus de 20 milliards d'euros, France Télécom et ses 41 milliards de chiffre d'affaires et 7 milliards de cash flow vaut seulement grosso modo deux fois plus qu'Iliad (9,4 milliards d'euros), et 17 milliards de moins que son voisin Deutsche Telekom. Un bilan qui ne sera pas facile à défendre devant les actionnaires le mois prochain. « Ne faites pas ce que les marchés financiers vous demandent », avait lancé le patron de Swisscom à ses homologues en novembre dernier au DigiWorld Summit de l'Idate à Montpellier, les invitant à ne surtout pas sacrifier les investissements pour leur faire plaisir. «Cela fait vingt ans que je suis dans les télécoms et quinze ans que je fais des roads-shows avec les analystes. Aucun opérateur n'a jamais été remercié pour avoir baissé ses investissements. Si vous le faites, alors vous tuez votre capacité à vous différencier » avait fait valoir Hans Carsten Schloter dans une intervention très remarquée.

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