L'étude qui relativise
La Tribune
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150% c'est le taux de couverture de la marge de solvabilité estimé par milliman.L'alarmisme des assureurs au sujet de la directive Solvabilité 2 est-il encore justifié, après les assouplissements proposés mi avril par la Commission européenne ? On peut se poser la question au vu de la dernière étude réalisée par le cabinet Milliman, sur la base des spécifications techniques proposées mi avril par Bruxelles en vue de la cinquième et dernière étude d'impact de la directive (QIS5), prévue ce été. Cette simulation, que « La Tribune » a pu consulter, conclut en effet que le secteur français de l'assurance vie couvrirait globalement sa marge de solvabilité à 150 %. Ainsi, pour Eric Serant, associé chez Milliman et auteur de l'étude, « la très grande majorité des sociétés aurait suffisamment de fonds propres » pour faire face au nouveau cadre prudentiel, dont l'entrée en vigueur est désormais attendue pour 2013. Ce résultat tranche avec les estimations précédentes réalisées par Milliman sur la base de l'avis final du Ceiops, le comité européen des régulateurs de l'assurance, qui avait durci tous les paramètres techniques en réaction à la crise financière. Le cabinet international de conseil actuariel avait alors marqué les esprits (« La Tribune » du 15 février) en évaluant le coût en fonds propres de Solvabilité 2 autour de 25 milliards pour les assureurs vie français, dont le taux de couverture était ainsi réduit à 61 % (voir illustration). Bien loin, donc, du taux de 177 % obtenu en 2008 à l'issue de la quatrième étude d'impact (QIS4). Pour Milliman, le retour à un niveau global de solvabilité satisfaisant tient principalement à quatre modifications apportées par Bruxelles. Du côté des risques, « la charge liée à la détention d'actions est réduite de 45 % à 39 %, et même à 30 % par la mise en oeuvre d'un mécanisme contra-cyclique, le ? dampener ? tandis que l'introduction d'une prime d'illiquidité réduit les engagement des assureurs et ramène la charge liée au risque de crédit au niveau de celle du QIS4 », explique Eric Serant. la FFSA « sur ses gardes »Du côté des fonds propres, Eric Serant souligne que « la clause de transition, très souple à ce stade, permet aux assureurs de classer en Tier One la plupart des titres subordonnés qu'ils détiennent ». Mais c'est surtout la proposition de la Commission d'intégrer aux fonds propres Tier One la « valeur de portefeuille » (c'est-à-dire la valeur actualisée des profits futurs liés aux contrats existants) qui fait la différence, car, sans elle, le taux de couverture du secteur chuterait à 113 %. La FFSA s'est d'ailleurs empressée d'exprimer son soutien à cette mesure, qui est loin de faire l'unanimité parmi les régulateurs européens. Au vu de ces avancées, « la FFSA se réjouit d'avoir été écoutée, mais elle reste sur ses gardes, car les paramètres définitifs ne seront fixés qu'en octobre, indique Bertrand Labilloy, directeur des affaires économiques, financières et internationales. Sans compter que l'impact des nouvelles règles variera d'une société à l'autre ».
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