L'assurance crédit rassure les banquiers
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Très critiquée l'an dernier pour avoir pratiqué des réductions voire des annulations de garanties, l'assurance crédit sort renforcée de la crise. « En tant qu'assureur crédit nous avons contribué à sauver des entreprises et donc des emplois », rappelle Yves Poinsot, directeur général d'Atradius en France. Certes les résultats des compagnies restent contrastés (lire encadré sur les résultats trimestriels d'Euler Hermes). Mais « nous observons des évolutions positives sur la plupart des grands marchés », notait Isidoro Unda, directeur général du groupe Atradius fin mars en présentant des pertes de 113,3 millions d'euros en 2009, après des pertes de 193,4 millions en 2008. Les mesures d'ajustement des tarifs et de politique de souscription, ont commencé à porter leurs fruits dès la fin 2009. Le redressement de la rentabilité technique est attendu pour 2010, indique l'agence Fitch dans une analyse sectorielle récente sur les assureurs crédit. Contraints, dans le contexte de crise, d'expliquer davantage leurs décisions, les compagnies ont du même coup modifié la perception de leur rôle par les entreprises et les banquiers. Le métier de l'assureur crédit consiste à couvrir une entreprise contre le risque d'impayés de ses acheteurs. Pour ce faire l'assureur analyse chaque entreprise acheteuse et ne l'inclut dans sa couverture que si elle l'estime solide. L'entreprise assurée obtient donc plus facilement un crédit auprès d'une banque si elle peut justifier d'une assurance qui garantit la qualité de son portefeuille d'acheteurs donc de clients. « L'assurance crédit optimise le financement des entreprises car elle rassure le banquier», conclut Yves Poinsot. Ce sont de plus en plus souvent les banques prêteuses qui incitent les entreprises à souscrire un contrat. De ce point de vue, « les banquiers sont les meilleurs prescripteurs de l'assurance crédit », selon Yves Poinsot. contraintes de fonds propresL'assureur Atradius a même conçu une formule qui permet d'indemniser directement la banque en cas de défaillance dans le cadre d'une transaction qu'elle aura financée, au lieu d'indemniser l'entreprise assurée qui elle-même rembourserait ensuite la banque.« Plus les contraintes en termes de fonds propres se durciront pour les banques, plus l'intervention des assureurs crédit sera décisive », estime Yves Poinsot. Lorsque le risque d'impayés ou de défaillance est porté par l'assureur, la banque est certaine d'être remboursée, elle peut donc réduire ses provisions correspondantes et ce, sans aucun coût puisque c'est l'entreprise qui paie la cotisation d'assurance-crédit. « L'assurance crédit est aussi un outil de prospection pour l'entreprise », remarque Yves Poinsot. Pour s'informer sur la solidité de ses clients potentiels, l'entreprise assurée peut interroger l'assureur pour savoir s'il accorderait sa garantie. Un service inusité avant la crise. Séverine Sollie
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