Les marchés obligataires européens reprennent leur souffle

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Surpris par la vitesse de réaction européenne, les marchés obligataires ont fait machine arrière toute ce lundi après l'annonce des mesures visant à endiguer une contagion de la crise grecque. Après avoir bondi à près de 19 % vendredi dernier dans un contexte de paralysie quasi totale des marchés, le taux des obligations grecques à 2 ans évoluait en fin d'après-midi aux environs de 5,6 %. « L'Europe ne pouvait pas gérer les problèmes de liquidité sur les marchés obligataires et interbancaires en même temps que les problèmes macroéconomiques des États. Avec ce dispositif, les problèmes de liquidité devraient être réglés », explique René Defossez, stratège taux chez Natixis.Véritables valeurs refuges de la zone euro, les obligations allemandes enregistraient de leur côté leur premier repli significatif depuis un mois. Référence habituelle, le taux à 10 ans allemand remontait de 16 points de base (0,16 %), à 2,95 %, après avoir enregistré vendredi un plus-bas historique de 2,72 %. « Les marchés obligataires européens se rééquilibrent dans de faibles volumes et il est dur de savoir jusqu'où cela ira. Le taux à 10 ans allemand pourrait revenir à 3,10 %, voire 3,30 %, tandis que le taux grec devrait a priori s'aligner sur le taux des aides prévues dans le plan d'urgence » de l'ordre de 5 %, estime René Desfossez. Mais « la dichotomie sur les marchés de dette de la zone euro entre pays ?coeur? et pays ?périphériques? ne devrait s'effacer que très progressivement », prévient-il.une scission dans l'euroDepuis la mi-avril, une fracture s'est créée au sein des marchés de dette souverains de la zone euro. Les obligations des pays « coeur » à l'économie et aux finances plus solides (Allemagne, France, Finlande, Pays-Bas, Autriche) se sont appréciées dans une corrélation quasi parfaite au long de la période. Dans le même temps, les titres de dette des pays « périphériques », Grèce, Portugal et Espagne en tête, plongeaient de concert, inspirant à certains l'idée d'une « scission » de la zone euro. Julien Beauvieux

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