Les sociétés européennes continuent à restructurer leur dette
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Malgré ou justement à cause de la crise grecque, les entreprises européennes bénéficient de conditions de financement favorables qui leur permettent de reamménager leur endettement. Près de 4 milliards d'euros de dette ont ainsi été restructurés par des sociétés non financières depuis le début de l'année, alors que les rendements moyens exigés par les investisseurs, toute maturité et toute notation confondues, ont baissé de 3,5 % à 3 % dans la zone euro, selon les indices Merrill Lynch. Parmi les dernières opérations en date sur le compartiment « Investissement » qui regroupe les signatures les plus sûres, Casino a lancé le 20 avril sa seconde opération de restructuration de l'année. Elle portait sur trois lignes obligataires d'échéance 2011, 2012 et 2013, pour un montant total de 472 millions d'euros. Noté BBB-, le groupe de distribution a en parallèle lancé le 5 mai une nouvelle émission de 507 millions d'euros d'échéance 2018 contre un coupon de 4,48 %.conditions favorablesAéroports de Paris (ADP) a de son côté échangé ou racheté 220 millions d'euros d'obligations arrivant à maturité entre 2011 et 2014, sur un montant initialement envisagé de 750 millions. « Les montants apportés par les investisseurs se sont inscrits dans la fourchette que nous anticipions, car les créanciers d'ADP sont essentiellement des investisseurs de long terme, comme des assureurs, qui ont besoin de conserver des positions long terme sur d'excellentes signatures », explique Sidney Studnia, responsable de l'ingénierie financière chez Société Généralecute; Générale. Noté A+, le groupe a en parallèle placé le 5 mai 500 millions de titres à 10 ans contre un coupon de 3,88 %. « Cette opération a permis à ADP de rallonger la maturité de sa dette dans des conditions de marché assez favorables. Ce niveau de coupon n'a pas été atteint sur une maturité à 10 ans depuis octobre 2005 » ajoute Sidney Studnia.Ce mouvement est également perceptible sur le compartiment spéculatif. Noté BB+, Rhodia a lancé le 29 avril dernier une opération de rachat et d'échange à hauteur de 500 millions d'euros, qui a attiré 700 millions d'euros d'ordre. Le chimiste a aussi levé ce lundi 500 millions d'euros contre un coupon de 7 % dans le cadre d'une émission non notée par les agences. « Les émissions européennes spéculatives ont souvent été motivées par des thèmes macroéconomiques, depuis le financement de la bulle des télécommunications entre 1997 et 2000 jusqu'au financement des LBO entre 2004 et 2007 », soulignent les experts de Barclays Capital. « Alors que les émissions sont en train d'exploser, le thème est aujourd'hui celui du refinancement des dettes contractées entre 2004 et 2007 », ajoute-t-il. Environ 170 milliards d'euros de dettes spéculatives arriveront à maturité d'ici 2014 en Europe ; 13 milliards ont été émis sur le compartiment spéculatif européen au premier trimestre. Julien Beauvieux
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